La jeunesse ébranlée des frères Saïd et Chérif Kouachi en Corrèze

Les frères Kouachi ont eu l'adolescence de jeunes en déshérence, placés dans un centre éducatif de Corrèze et lâchés dans la nature à leur majorité. Mediapart a recueilli le témoignage d'un de leurs anciens camarades. Il raconte ce fragment de vie aujourd'hui englouti.

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Genève, de notre correspondante.-  Il est arrivé avec son album de photos sous le bras. Souvenirs de cette autre vie, passée, au milieu des années 1990, au centre éducatif  “Les Monédières”, géré par la Fondation Claude-Pompidou, dans le petit village corrézien de Treignac. C’est dans cette Maison d’enfants à caractère social (MECS), qui accueille des jeunes de 6 à 18 ans placés par les services de l’Aide sociale à l’enfance ou par un juge pour enfants, ainsi que des mineurs isolés étrangers, que Cédric a passé son adolescence (c'est un prénom d’emprunt, le jeune homme ne souhaitant pas voir publier sa véritable identité). Orphelin de père, battu par sa mère, Cédric, jeune Parisien, vient d'avoir 11 ans quand il débarque en 1994 dans l’établissement qu’il quittera en 2000. Tout comme Chérif et Saïd Kouachi qui, durant toutes ces années, deviendront ces « meilleurs potes ».

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