Alain Juppé nommé au Conseil constitutionnel avec deux autres "Sages"

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Alain Juppé va être nommé au Conseil constitutionnel sur proposition du président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, un choix qui signe la fin de la carrière politique de l'ex-Premier ministre et bientôt ex-maire de Bordeaux.
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PARIS (Reuters) - Alain Juppé va être nommé au Conseil constitutionnel sur proposition du président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, un choix qui signe la fin de la carrière politique de l'ex-Premier ministre et bientôt ex-maire de Bordeaux.

Emmanuel Macron a pour sa part proposé mercredi la nomination de son ancien ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, et le président du Sénat, Gérard Larcher, celle du sénateur du Cher François Pillet.

Les trois institutions en ont fait l'annonce dans des communiqués distincts.

Ces trois nominations doivent encore être entérinées par les commissions des lois de l'Assemblée et du Sénat. Une fois cet obstacle franchi, les trois nouveaux conseillers siègeront pour neuf ans aux côtés des six autres membres nommés et de Valéry Giscard d'Estaing, membre de droit en sa qualité d'ex-président.

Au Conseil constitutionnel, Alain Juppé, âgé de 73 ans, remplacera formellement celui qui lui a succédé à Matignon voilà plus de 20 ans, Lionel Jospin, fait "sage" en 2014.

Dans un communiqué, l'ex-chef du gouvernement a annoncé avoir "accepté" cette nomination, qui mettra de facto un terme à son mandat à Bordeaux.

"C'est avec une profonde émotion que je me prépare à quitter mes fonctions de maire et de président de la métropole de Bordeaux qui m'ont procuré tant de bonheur", a déclaré cet éternel présidentiable dans son communiqué.

Elu à Bordeaux depuis 1995, avec une parenthèse en 2004-2006 pour cause d'ennuis judiciaires et d'exil au Québec, Alain Juppé précise avoir pris "il y a plusieurs mois" la décision de ne pas briguer sa propre succession lors des municipales de 2020.

CALENDRIER BOULEVERSÉ

Il comptait cependant garder le secret jusqu'aux élections européennes du 26 mai prochain - "ma nomination bouleversera ce calendrier", souligne-t-il dans son communiqué.

"Je crois qu'il a cette densité, cette hauteur de vue, donc je crois que c'est une très bonne nouvelle pour la République", a réagi le Premier ministre, Edouard Philippe, sur LCI et RTL, en renouvelant son "estime" et son "affection" pour celui qui fut son mentor en politique.

La carrière nationale d'Alain Juppé avait pris fin avec sa défaite face à François Fillon, en novembre 2016, au second tour de la primaire organisée par la droite en vue de la présidentielle de 2017.

Depuis l'élection d'Emmanuel Macron, il a rompu avec son parti d'origine, Les Républicains (LR), auquel il reprochait de dériver vers la droite sous l'impulsion de Laurent Wauquiez, et a multiplié les déclarations bienveillantes à l'égard du chef de l'Etat, au point que de nombreux membres de la majorité espéraient son soutien aux européennes.

Jusqu'à ces derniers rebondissement, Alain Juppé a occupé pendant quarante ans de nombreux postes et mandats sous le patronage de Jacques Chirac, de député à ministre des Affaires étrangères sous François Mitterrand puis à nouveau sous Nicolas Sarkozy.

Il est resté à Matignon de mai 1995 jusqu'à la dissolution du printemps 1997, soldant deux années marquées par les grandes grèves de décembre 1995.

François Pillet remplacera Jean-Jacques Hyest et Jacques Mézard, qui fut brièvement ministre de l'Agriculture puis plus longuement de la Cohésion des territoires au début du quinquennat Macron, prend le siège de Michel Charasse.

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