Un rapport du Sénat enterre le concept de déradicalisation

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Dans leur rapport sur « le désendoctrinement et la réinsertion des djihadistes en France et en Europe », les sénatrices Esther Benbassa et Catherine Trœndlé dénoncent le « business du terrorisme » et les méthodes employées par l’État pour lutter contre le phénomène djihadiste.

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Il ne faut pas désespérer de nos hommes et femmes politiques en général et des sénateurs en particulier. Dans la nuit de mardi à mercredi, certains d’entre eux se sont dressés contre l’interdiction des emplois familiaux, renvoyant une image déplorable de la Chambre haute. Mais onze heures plus tard, deux sénatrices, Esther Benbassa (Europe Écologie-Les Verts), qui a tenu un blog sur Mediapart, et Catherine Trœndlé (Les Républicains) tenaient une conférence de presse pour présenter leur rapport sur « le désendoctrinement et la réinsertion des djihadistes en France et en Europe », un travail remarquable et utile, recoupant les thèses des chercheurs les plus sérieux sur le djihad, rassurant quant à la capacité de penser d’une classe politique plutôt prompte aux déclarations tapageuses et gonflements de torse dès lors qu’il s’agit de disserter sur les attentats et leurs auteurs.