Brice Hortefeux piétine une fois de plus la loi

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Au mépris de la loi pénale et de la séparation des pouvoirs, Brice Hortefeux jette le discrédit sur la décision de justice qui vient de condamner les sept policiers ayant failli à leurs devoirs en Seine-Saint-Denis. Mais que fait le président de la République, garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire?

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Récemment condamné pour ses déclarations racistes sur les «Auvergnats», Brice Hortefeux discrédite aujourd'hui une décision de justice qui vient de condamner sept policiers ayant failli à leurs devoirs en Seine-Saint-Denis. Dans les deux cas, les jugements sont en procédure d'appel. Il n'empêche que le ministre de l'intérieur maltraite résolument, une fois de plus, un code pénal que les fonctionnaires placés sous son autorité sont censés respecter et faire respecter.

Car Brice Hortefeux persiste et signe. Sur le site officiel de son ministère, le «premier flic de France » a commencé par critiquer la condamnation des sept policiers poursuivis pour avoir (notamment) falsifié des procès-verbaux afin d'accuser un innocent. «Sans naturellement méconnaître la nature des faits qui ont été reprochés aux policiers, ce jugement, dans la mesure où il condamne chacun des sept fonctionnaires à une peine de prison ferme, peut légitimement apparaître, aux yeux des forces de sécurité, comme disproportionné», a écrit le ministre, le 10 décembre en soirée, dans la foulée de la condamnation des fonctionnaires et de la protestation de voie publique organisée par deux cents de leurs collègues devant le palais de justice de Bobigny.

Sans s'appesantir, d'ailleurs, sur l'extrême gravité des infractions retenues contre les sept fonctionnaires de son ministère. Rappelons donc ce que M. Hortefeux a omis de mentionner. Les policiers concernés étaient poursuivis pour dénonciation calomnieuse et «faux» en écriture commis par une personne «dépositaire de l'autorité publique» dans l'exercice de ses fonctions. Il faut s'y attarder en remarquant que ce dernier délit fait encourir jusqu'à 15 ans de prison à son auteur, selon un chapitre du code pénal significativement consacré aux «Atteintes à la confiance publique».

Et c'est bien de «confiance publique» dont il est question. Les sept policiers de Seine-Saint-Denis ont triché pour accabler un homme qu'ils accusaient, dans leur PV, d'avoir blessé l'un de leurs collègues en lui fonçant dessus au volant de son véhicule. Une accusation des plus terribles puisque cette «tentative d'homicide volontaire» visant un policier faisait encourir la cour d'assises et la prison à perpétuité à un innocent. Ajoutons que certains des policiers condamnés l'ont été pour des violences aggravées contre cet homme qu'ils avaient faussement accusé.

 

 

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