Affaire Dasquié : l’Etat piétine la liberté d’informer

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La garde à vue, puis la mise en examen du journaliste Guillaume Dasquié étaient-elles justifiées ? De notre point de vue, non. Mais, au-delà de ce débat sur la protection des sources des professionnels de l’information, cette affaire soulève de graves questions démocratiques.

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Mardi soir 4 décembre, je recevais sur mon portable un appel téléphonique du journaliste Guillaume Dasquié. C’était pour me confirmer son envie de rejoindre le projet MediaPart qui bénéficierait ainsi de son expérience d’enquêteur indépendant dans le monde du secret d’Etat. Le lendemain matin, il était interpellé à son domicile par cinq policiers de la Direction de la surveillance du territoire (DST). Au terme d’une longue perquisition, conclue par la saisie d’une partie de sa documentation personnelle, ils l’emmenaient au siège du contre-espionnage où il fut placé en garde à vue, durant une trentaine d’heures. Libéré jeudi soir 6 décembre, il est depuis mis en examen pour « compromission du secret de la défense » et placé sous contrôle judiciaire.