Anarcho- autonomes: après les mises en examen, les vérités d'Eric Hazan

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Depuis fin 2007, le livre L’Insurrection qui vient est cité dans plusieurs enquêtes policières visant la «mouvance anarcho-autonome». Sa dernière apparition dans la chronique judiciaire est liée aux sabotages commis contre la SNCF. Julien Coupat, l'un des jeunes gens interpellés et finalement mis en examen, dans la nuit du samedi 14 au dimanche 15 novembre, figure parmi les probables auteurs de cet ouvrage anonyme. Interview avec son éditeur, Eric Hazan.

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Samedi 15 novembre au soir, les neuf personnes placées en garde à vue après les dégradations de lignes TGV ont été mises en examen à l'issue des quatre jours de garde à vue permis par la législation antiterroriste. Ces mises en examen ont suivi les demandes du parquet de Paris qui avait réclamé des poursuites contre ces jeunes gens, âgés de 22 à 34 ans, formant «une cellule invisible qui avait pour projet la lutte armée», selon le procureur Jean-Claude Marin.

 

Le parquet de Paris avait distingué deux groupes parmi ces jeunes, en fonction de leur implication dans les sabotages de caténaires de la SNCF. D'abord, un «noyau dur» de cinq membres. Son chef présumé, Julien Coupat, a «dirigé une structure à vocation terroriste», selon le procureur. Il a été mis en examen pour cette infraction (un crime passible de 20 ans de réclusion) et écroué par le juge d'instruction antiterroriste Thierry Fragnoli. Le reste du «noyau dur» est composé de trois femmes et un homme, aperçues près des lignes sabotées dans la nuit du 7 au 8 novembre, selon M. Marin. Ils ont été mis en examen pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste» et, pour deux d'entre eux, «destructions en réunion». Tous ont été incarcérés. Hors du «noyau dur», deux hommes et deux femmes ont été mis en examen pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste», sans être impliqués dans les dégradations. Ils ont été laissés en liberté sous contrôle judiciaire.

 

En prononçant ces mises en examen, le juge antiterroriste a estimé disposer d'éléments graves et concordants à l'encontre de ces jeunes gens. Pour l'heure, toutefois, la justice n'a fait état d'aucun élément matériel (traces d'ADN, empreintes digitales, écoutes téléphoniques) les rattachant directement aux sabotages. Avocate de Julien Coupat et de trois autres jeunes écroués, Me Irène Terrel a évoqué une «affaire aux dimensions totalement démesurées». Son confrère, Me Steeve Montagne, a parlé d'une «instrumentalisation par le pouvoir de l'appareil judiciaire aux fins de restreindre la liberté d'opinion.»

 

Le chef présumé du «noyau dur», Julien Coupat, est aussi l'un des probables auteurs du livre L'Insurrection qui vient, signé du nom d'un collectif imaginaire, le mystérieux «comité invisible». Cet ouvrage est apparu dans plusieurs enquêtes menées par la police, depuis la fin 2007, contre ce que le ministère de l'intérieur appelle une «mouvance anarcho-autonome». Entretien avec l'éditeur du livre, Eric Hazan, directeur des éditions La Fabrique.

 

En vidéo, trois extraits du long entretien que nous a accordé Eric Hazan vendredi 14 novembre. Puis, après ces vidéos, l'intégralité de cet entretien.

 

Qu'est-ce que L'Insurrection qui vient?

 

Eric Hazan, interview pour Mediapart (I) © Mediapart

 

Existe-t-il une «mouvance anarcho-autonome»?


Eric Hazan, interview pour Mediapart (II) © Mediapart

 

Comment réagissez-vous à l'intérêt de la police pour le livre que vous avez publié?

 

Eric Hazan, interview pour Mediapart (III) © Mediapart

 

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Pour rendre compte des mises en examen des neuf protagonistes, intervenues dans la nuit du samedi, nous avons actualisé cet article dimanche matin. De fait, le juge d'instruction spécialisé en matière antiterroriste a très largement suivi les demandes du parquet, que nous avions détaillées dans la version initiale de l'article.