Hôpital et bouts de ficelles

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Dans des établissements endettés jusqu'au cou, les impératifs économiques dictent désormais les règles d'hygiène et redéfinissent le concept de dignité des malades. On ne change plus les draps, on les retourne. On ne prescrit plus en fonction des besoins, mais en fonction du stock.

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«J'ai assisté à ce qui semble être du troc à l'hôpital Bichat.» Maxime se souvient de sa dernière hospitalisation, fin novembre, comme d'une «expérience étrange». Le lendemain de son arrivée dans le service des maladies infectieuses, ses draps n'ayant pas été changés, il s'en va signaler cet oubli au cadre infirmier quand il tombe sur deux aides-soignantes en pleine «conversation hallucinante: "je te donne des draps contre autre chose"».