Des enseignants face à la «détresse»

Par et

Comment parler avec les élèves des attentats ? Comment les rassurer, leur expliquer, se recueillir… ? Comment se comporter avec ceux qui ont été directement touchés ? Pour les enseignants ce lundi matin, après à peine un week-end pour se préparer à retrouver leurs classes, le défi était immense.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

« Comme d'habitude, on va au charbon », soupirait dimanche soir Barbara Papadopoulos. À la veille d'un retour en classe où elle ne discernait pas encore ce qu'elle pouvait dire à ses élèves (« Autant sur Charlie j'avais des choses à dire, autant là… Vous avez quelque chose à dire, vous, sur ces attentats ? » lance-t-elle à la journaliste), cette enseignante de français de proche banlieue parisienne considérait son métier avec beaucoup d'humilité. « On est des enseignants, pas des surhommes… » Surtout, elle se demandait quels outils pédagogiques elle pouvait bien utiliser. Elle se disait que rappeler les principes de la République n'allait peut-être pas beaucoup aider. Elle songeait à montrer à ses élèves des extraits d'un entretien réalisé par Mediapart avec Olivier Roy. Elle pensait aussi que continuer à travailler, tout simplement, pourrait les rassurer.