Hollande en Europe: «Non, je ne serai pas seul»

Par et

La rencontre avec plusieurs dirigeants sociaux-démocrates européens, organisée samedi à Paris, avait un but essentiel : montrer que le candidat socialiste peut compter sur le soutien de ses camarades pour réorienter la construction européenne. Mais sur le fond, pas d’annonce ni de précisions sur son projet pour l’Europe.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

«Quand François Hollande demande la renégociation, il n’est pas seul.» En une phrase, le directeur de campagne et ex-ministre des affaires européennes, Pierre Moscovici a résumé l’enjeu sur la piste du Cirque d’hiver, samedi à Paris. Devant un parterre de responsables socialistes français, rejoints par l’ancien premier ministre Lionel Jospin (mais sans Martine Aubry), et de leaders sociaux-démocrates européens, Hollande a voulu répliquer à Nicolas Sarkozy en affichant «l’unité» de la gauche européenne.

Sur la forme, et pour la photo, la réunion aura été un succès. Une dynamique semble enclenchée au sein de la gauche européenne. Tour à tour, Massimo D’Alema, ancien président du conseil italien (lire notre entretien), Sigmar Gabriel, chef du SPD allemand, Sergei Stanishev, président (par intérim) du parti socialiste européen, Hannes Swoboda, chef du groupe à Bruxelles, Pier Luigi Bersani, le secrétaire du parti démocrate italien, et enfin Martin Schulz, président du parlement européen, ont fait applaudir leur camarade français. Ils ont assuré qu’un changement de majorité en France serait un «signal» pour toute l’Europe avant les élections prévues en Allemagne et en Italie l’an prochain.

«La France a besoin de changement et c’est François Hollande qui va changer la France. Et ensemble, on changera l’Europe», a lancé Sigmar Gabriel, en français. Avant lui, c’est le francophone D’Alema qui avait insisté : «Comment croire qu’une menace puisse venir de la candidature de François Hollande ? (Sur la renégociation du pacte), les critiques paraissent vraiment bizarres.» «Ici j’ai un ami en France, qui est en campagne. Je lui souhaite un plein succès et il s’appelle François Hollande», a aussi lâché Martin Schulz, pourtant souvent sceptique sur les orientations du PS, dans un français parfait et sous les applaudissements.

Manquait toutefois le seul premier ministre de gauche en exercice prévu au programme, le Belge Elio Di Rupo, resté en Belgique en raison de l’accident de car mortel en Suisse. Manquait aussi le Britannique Ed Miliband, un temps annoncé, mais que Hollande a déjà rencontré le mois dernier à Londres, et les représentants espagnols et grecs, laminés aux dernières élections. Une rencontre plus discrète avec l'Espagnol Alfredo Pérez Rubalcaba avait été organisée jeudi à Paris.