Autoroutes : l'accord avec l'Etat ne créera pas d'emplois

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L’État, Vinci, Eiffage et Sanef-Abertis sont parvenus à un accord: 3 milliards arrachés aux sociétés autoroutières pour un plan de relance des travaux sur le réseau et la promesse de créer des milliers d'emplois. En fait de création de postes, il s'agit surtout d'arrêter l'hémorragie.

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Quand la courbe du chômage est si mauvaise, et que l’on joue sa réélection dessus, tous les coups sont permis. Quitte à s’arranger avec la réalité, les mots, les chiffres. La semaine dernière, le gouvernement est enfin arrivé à un accord qualifié de « gagnant-gagnant » avec les sociétés concessionnaires des autoroutes françaises, Eiffage, Sanef-Abertis et Vinci. Après plusieurs mois de négociations, les ministères de l’écologie et de l’économie ont effectivement obtenu un lissage de la hausse des tarifs sur huit ans, en échange d’un prolongement de deux à trois ans des contrats de concession mais surtout de 3,2 milliards d’euros (sur onze ans, moins de 300 millions par an) pour financer de grands travaux (voir notre article détaillé ici). Des milliards qui vont « contribuer à la relance de l’activité économique et permettre la création d’emplois dans le secteur des travaux publics ». Il s’agirait même de « 10 000 emplois » générés, selon Matignon. Une aubaine. Sauf que c’est faux.