La Courneuve: questions après des tirs en rafale sur un fourgon de police

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Des policiers ont essuyé dans la nuit de samedi à dimanche des tirs de Kalachnikov du côté de la cité des 4000, en Seine-Saint-Denis. Il n'y aurait aucun blessé mais beaucoup d'émoi. S'agit-il réellement d'une escalade dans les «violences urbaines», comme certains policiers le disent? Ou d'une affaire plutôt liée au grand banditisme et mettant en cause plusieurs braqueurs, selon les premières informations reccueillies par Mediapart.

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C’est le genre d’affaires qui peuvent passer en quelques heures du statut de faits divers à celui d’affaire policiaro-politique. Tous les ingrédients sont, en apparence, réunis : fusillade, police, drogue, guet-apens, La Courneuve, communiqué du ministère de l’intérieur et syndicats de police sur place. En un mot, c’est le triptyque bandes, banlieue, banditisme, sujet à toutes les controverses, à toutes les polémiques, à toutes les récupérations.
Voici les faits, tels que Mediapart est en mesure de les restituer, avec les réserves d’usage (enquête en cours, sources policières, rumeurs de la ville). Il est environ 21h, samedi soir, dans le secteur des 4000 à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), quand un deux-roues parvient à la hauteur d’une voiture de police, sur sa droite. C’est alors que l’homme au scooter brandit un pistolet. Et tire. L’arme est un pistolet à grenailles. Le jeune conducteur – il a 23 ans – est interpellé quelques instants plus tard par une Brigade anti-criminalité (B.A.C.). Deux de ses amis sont également arrêtés. Ils sont soupçonnés d’avoir caillassé la police quelques instants plus tôt. Jusqu’ici, rien que du banal. Ou presque.
Vers 2h du matin, comme c’est leur droit, deux des trois interpellés demandent à être examinés par un médecin. Ils se plaignent de différents maux. A 2h30, un fourgon Trafic de la police démarre. A son bord : les deux jeunes hommes et une escorte. Direction l'unité médico-judiciaire de l'hôpital Jean-Verdier, à Bondy, via l’autoroute A86. Quand, soudain, à l’angle de deux rues, freinage d’urgence. Deux voitures bloquent le fourgon. Puis, tirs en rafale. Trois impacts de balles étoilent le pare-brise de la camionnette. Au petit matin, cinq étuis de calibre 762 (type Kalachnikov) seront retrouvés au sol, ainsi que les douilles d’une autre arme de guerre. Désormais, rien ne va plus. Dans le genre « violences urbaines », « un tir de Kalach, c’est une première », assure un policier.