EDF: enquête sur un service public taillé en pièces

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Ce devrait être un plébiscite. Le 17 juin, EDF lance un grand emprunt national à destination des particuliers. La direction du groupe d'électricité veut faire de cette levée de fonds une opération de communication pour affirmer son statut d'entreprise préférée des Français. Peu de chose pourtant subsiste de l'ancienne entreprise publique. Avec l'accord des responsables politiques, EDF a été démantelé, éclaté en morceaux pour répondre aux impératifs de la concurrence de Bruxelles. «Je ne pensais pas que cela arriverait», constate aujourd'hui l'ancien patron d'EDF, Marcel Boiteux (vidéo). Enquête.

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Il y a des expressions qui ne trompent pas. Brusquement, au cours de la conversation, les mêmes mots échappent aux salariés d'EDF: «depuis que le groupe est devenu EDF SA» (pour société anonyme). Dans ce SA, il y a toute la distance, la réprobation parfois, par rapport à la façon dont leur entreprise évolue aujourd'hui. EDF, pour eux, c'est l'entreprise publique, fière de son savoir-faire technique et de sa puissance nucléaire, travaillant au service de tous. Aujourd'hui, ils ne la retrouvent plus, ne s'y retrouvent plus. Leur groupe, désormais coté en Bourse, leur est devenu anonyme, une étrangeté sans rapport avec le passé.