Hôpitaux: la psychiatrie est-elle soluble dans la technocratie?

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Le 1er juillet, les 1 100 hôpitaux publics doivent être rassemblés en 150 groupements hospitaliers de territoire. La ministre de la santé présente cela comme une « révolution ». Les praticiens hospitaliers sont attentistes, à l’exception des psychiatres, qui dénoncent une réforme technocratique et autoritaire.

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Il pleut des cordes sur la manifestation contre les groupements hospitaliers de territoire, qui a réuni 1 000 manifestants à Paris, le 31 mai dernier. Les parapluies dansent, vifs ou sombres. Aux côtés des slogans habituels – « Retrait du GHT, sinon ça va péter » –, il y en a de plus poétiques, de plus politiques : « Plus d’humanité, moins de technocratie », « Touraine, novlangue et négation tranquille, pour t’accueillir dans un monde de fous », « Nous sommes tous des schizophrènes dangereux ». Nuit debout est passé par là : « Il faut renouveler les formes de mobilisation, déconstruire la novlangue. La loi de modernisation de notre système de santé est en réalité une loi régressive, qui fait évoluer l’hôpital dans un sens plus apte à la concurrence », assure Mathieu Bellahsen, psychiatre à l’hôpital de Moisselles (95), qui a livré un discours fantaisiste et engagé, affublé d’une perruque blonde.