A Orange, fractures et pugilat en pays d’extrême droite

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C’est une élection énorme et minuscule. Minuscule car c’est une départementale partielle, à Orange, dans le Vaucluse. Mais énorme par le symbole: elle oppose l’extrême droite à l’extrême droite, sous le regard d’une droite volatilisée, d’un PS absent, et d’une gauche représentée par un ancien ministre socialiste passé depuis trois mois chez Jean-Luc Mélenchon.

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À Guignol, cette histoire serait une farce : l’histoire du gendarme qui taperait sur le gendarme. Plus drôle encore : le gendarme numéro 1, candidat élu en mars 2015, Yann Bompard, est le fils du maire d’extrême droite Jacques Bompard, fondateur de la Ligue du Sud, et de Marie-Claude Bompard, maire de Bollène, à vingt kilomètres d’Orange. Une PME familiale. Yann a battu de six voix le gendarme numéro 2, Jean-François Mattei, candidat Front national, envoyé là par la petite-fille de Jean-Marie Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen, députée de la ville voisine de Carpentras. Cette bataille est donc une sorte de Sisco entre héritiers, dans des partis connus pour dénoncer le népotisme et le privilège des assistés. Le Conseil d’État a cassé l'élection, et les Orangeois sont appelés à retourner aux urnes les 2 et 9 octobre prochains.