Affaire Tariq Ramadan: ce que disent les féministes antiracistes

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Prendre la parole et risquer qu’elle soit instrumentalisée à des fins racistes et islamophobes ou se taire et être soupçonnées de cautionner des crimes sexuels ? Suite aux plaintes pour viol contre Tariq Ramadan, plusieurs militantes féministes antiracistes, pour la plupart musulmanes, expliquent leurs choix.

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Il y a d’abord eu l’injonction. Celle faite aux musulmans français de parler après les deux plaintes pour viol déposées contre le prédicateur musulman et professeur universitaire Tariq Ramadan. Le 30 octobre 2017, dix jours après la première plainte, Libération titre en une « Silence dans les rangs musulmans ». L’article, très factuel, décrit « l’effet d’une sidération provoqué dans les milieux musulmans » et le « silence (…) signe de son embarras » de l’ex-UOIF (Union des organisations islamiques de France) qui invitait régulièrement l'intellectuel à son rassemblement annuel au Bourget (Seine-Saint-Denis). Le même jour, Le Monde déplore dans un article que « les institutions, associations et acteurs musulmans [aient] été remarquablement discrets depuis l’annonce du dépôt de la première plainte pour viol et agression sexuelle ».