A Calais, les associations contraintes de ruser pour livrer des repas aux migrants

Par Nejma Brahim

L’arrêté préfectoral venu interdire la distribution de repas aux personnes exilées est vécu comme une indignité par les associations concernées, qui n’ont pas cessé leurs actions d’aide pour autant. Chaque jour, la police tente de les en empêcher.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Calais (Pas-de-Calais).– À l’entrepôt, c’est l’indignation. Dans ce hangar situé à l’est de la ville, siègent de nombreuses associations locales. Maya de l’Auberge des migrants retrouve Antoine et Pierre d’Utopia56. Ils sont, parmi d’autres, visés par l’arrêté préfectoral du 10 septembre visant à interdire « toute distribution gratuite de boissons et denrées alimentaires » aux organisations non mandatées par l’État dans le centre-ville, et ce jusqu’à la fin du mois. La préfecture invoquait notamment la crise sanitaire du Covid-19 et la salubrité publique, tout en estimant que les distributions effectuées par La vie active (association agréée) étaient « suffisantes ».