Comment le petit déjeuner influence les décisions de justice

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Un juge n'est pas une machine à dire le droit. Dans la revue Les Cahiers de la justice, des chercheurs tentent de comprendre les biais qui peuvent peser sur une décision. Les origines, le parcours, les opinions politiques jouent un rôle. Mais la fatigue, un estomac pas assez rempli, un fait divers médiatisé ou la crise économique aussi.

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 « La justice dépend de ce que les juges ont mangé au petit déjeuner. » (« Justice is what judges ate at breakfast. ») Ce proverbe américain, qui daterait du XIXe siècle, nourrit des débats de plus en plus copieux en Europe. À l’opposé de l’idée selon laquelle le juge ne fait qu’appliquer la loi, un mouvement dit « réaliste » souligne l’importance de paramètres a priori sans lien avec les affaires dans les décisions qui sont rendues. Les Cahiers de la justice, la revue trimestrielle de l’École nationale de la magistrature (publiée aux éditions Dalloz), dresse dans sa dernière livraison un état des lieux des connaissances sur le sujet dans un dossier titré « Des juges sous influence ». Comment accueillir ces travaux de recherche ? « Certains diront qu’ils tendent à désacraliser le juge, d’autres qu’ils l’humanisent », expose la revue.