Comment lutter contre la «pandémie des pauvres»

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Les plus précaires sont les premières victimes de l’épidémie. L’État, les autorités de santé et les élus tentent de répondre à ce constat cruel, alors que la France prend peu en compte les inégalités sociales en matière de santé publique. Mais la crise sanitaire bouleverse les équilibres. Faut-il mettre en place des mesures ciblées dans les quartiers?

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Difficile de le dire autrement, « c’est une claque » pour l’institution qu’il représente. Le docteur Luc Ginot, directeur de la santé publique à l’agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France, ne masque pas la violence du constat : face à l’épidémie de Covid-19, les plus pauvres sont en première ligne. Les premiers de corvée sont les premières victimes de la maladie et en meurent – beaucoup – plus, parce qu’ils sont sujets au plus grand nombre de facteurs de comorbidité, et parce qu’ils subissent les conditions de vie les plus difficiles : la précarité est un accélérateur majeur de la mortalité.