Bouches-du-Rhône: l'UMP entrouvre la porte au FN

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Malgré la ligne nationale, les signaux d’ouverture entre l'UMP et le FN se multiplient dans les Bouches-du-Rhône pour les législatives. Débauchages d'ex-frontistes, programmes « proches du FN », hypothèses d'alliances locales. « Il y a des discussions à titre individuel », assure à Mediapart un responsable du FN.

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« Entre eux et nous, il y aura toujours une croix de Lorraine », avait dit Alain Juppé dans les années 1990, au sujet des alliances entre la droite et l’extrême droite. Aujourd'hui, la digue a sauté dans certaines circonscriptions. Dans l’Ain, un conseiller général UMP a annoncé sa candidature sous l’étiquette frontiste. Dans la Somme, une ancienne dirigeante de Chasse pêche nature et traditions (CPNT), associé à l’UMP, a été investie par le FN. Leurs exclusions ont été annoncées. D’autres candidats, souvent membres de la Droite populaire, ont fait part de leur désir de « rapprochement » avec les frontistes (lire notre article). Dans les Alpes-Maritimes, la porosité est importante, comme l’a vérifié Mediapart dans ce reportage.

Mais c’est dans les Bouches-du-Rhône que les signaux d’ouverture entre les deux partis sont sans doute les plus flagrants à l’approche des législatives. Au premier tour de la présidentielle, Marine Le Pen est arrivée en tête dans trois des seize circonscriptions du département et en deuxième position dans sept autres. Même dans la 5e circonscription marseillaise, celle de Renaud Muselier, le redécoupage opportun d'Alain Marleix, spécialiste électoral de Sarkozy, n'empêchera sans doute pas une triangulaire (le FN a recueilli 18,8 % au premier tour). Aux cantonales en 2011, déjà, le parti frontiste était arrivé premier à Marseille.