Nucléaire: l'EPR, ou la folle histoire d'un acharnement

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Il devait être le joyau de la filière nucléaire française: l’EPR de Flamanville n’a jamais été si proche du crash, après l’alerte récente de l’autorité de sûreté sur les défauts de sa cuve. Une alerte grave qui vient se rajouter aux six années de retard et au triplement du coût. Depuis dix ans, industriels et État ont fait de ce réacteur un enjeu irrationnel de grandeur nationale. Chronique d’un aveuglement.

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Ségolène Royal a beau affirmer que l’EPR « n'est pas condamné », le chantier du réacteur nucléaire de Flamanville n’a jamais été si proche du crash après l’alerte lancée le 7 avril par l’autorité de sûreté du nucléaire (ASN) sur des anomalies de fabrication de la cuve du futur réacteur. Des défauts de la composition de l’acier ont été détectés dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur en construction. Si bien que leur tenue mécanique n’est pas garantie dans les conditions extrêmes de charge (chaleur, pression, radioactivité…) que leur imposera le fonctionnement de l’EPR, le réacteur le plus puissant du monde, avec 1600 MegaWatts (MWe).