Une usine en France: le combat des "Sapag" contre la fermeture

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Mediapart s'arrête à Ham, dans la Somme. La France, depuis le début des années 2000, a perdu un million d'emplois industriels. Pour les 133 salariés de cette robinetterie picarde, le couperet tombera l'an prochain. À moins d'une reprise. Premier épisode d'une série sur les "Sapag", restructurés économiques.

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«À mon avis, on sera nombreux à manifester contre la loi Travail, le 31 mars, ce qui se prépare là-haut est totalement débile. » Raymond Dessaint est délégué syndical CGT à Ham, dans la Somme. Son usine, l’une des dernières grosses entreprises du coin, fermera ses portes l’an prochain, laissant 133 personnes sur le carreau. La raison invoquée ? « Restructuration pour raisons économiques », selon le groupe Pentair, propriétaire du site de Ham, usine qui enregistrait pourtant un chiffre d’affaires de 28 millions au-dessus de son objectif en 2015, 60 millions d’euros en trésorerie et une marge brute de 18 %. Qu’importe, la production va partir dans d’autres unités du groupe, peut-être en Italie. « Nous sommes déjà pieds et poings liés à des directions irresponsables et une loi voudrait donner plus de pouvoir pour licencier à des groupes comme Pentair ? C’est incompréhensible ! », s'alarme le syndicaliste.