Dans les centres de rétention, des droits en berne
Dans son rapport annuel publié jeudi 24 avril, la Cimade dénonce les effets «à la fois ubuesques et tragiques» des objectifs chiffrés d'expulsion fixés par Nicolas Sarkozy. Le nombre d'étrangers enfermés dans les centres de rétention administrative a augmenté en 2007 de 24% par rapport à 2003. Le coût budgétaire élevé de cette politique est critiquée dans le cadre de la révision générale des politiques publiques.
DansDans les centres de rétention administrative (CRA), les étrangers sont privés de liberté, mais pas de droits. Enfermés parce qu'ils vivent en France sans en avoir l'autorisation, ils risquent d'être expulsés dans leur pays d'origine. Les possibilités de recours existent pour tenter d'éviter la reconduite à la frontière, mais depuis quelques années ces droits apparaissent de plus en plus difficiles à mettre en œuvre, en raison notamment des objectifs chiffrés (26.000 en 2008) fixés aux fonctionnaires de police par Nicolas Sarkozy puis Brice Hortefeux. C'est cette problématique qu'a choisie d'approfondir la Cimade dans son rapport annuel publié jeudi 24 avril. Cette association, la seule présente dans les centres de rétention, dénonce les effets «à la fois ubuesques et tragiques» de la politique de «quotas» d'expulsions, qui «s'accompagne de la mise en œuvre progressive d'un dispositif juridique qui tend à réduire les droits des étrangers ou à les priver de la possibilité pratique d'exercer ces droits».