Chantal Jouanno juge le grand débat faussé

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Le grand débat est "faussé" et se résume plutôt à une consultation voire une opération de communication, a estimé vendredi Chantal Jouanno, qui a renoncé le 8 janvier à présider à son organisation après une polémique sur son salaire.
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PARIS (Reuters) - Le grand débat est "faussé" et se résume plutôt à une consultation voire une opération de communication, a estimé vendredi Chantal Jouanno, qui a renoncé le 8 janvier à présider à son organisation après une polémique sur son salaire.

Evoquant notamment la plateforme en ligne granddebat.fr, dont l'élaboration avait été confiée par le gouvernement à la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), Chantal Jouanno estime qu'elle se limite désormais à un questionnaire.

"Nous on n'avait pas prévu de faire une opération de communication, on avait prévu de faire un grand débat, donc on avait prévu de faire une plateforme numérique totalement ouverte, pas par système de questionnaire", a-t-elle déclaré sur LCI.

"Le principe d'un débat public, ce n'est pas de poser des questions aux Français, c'est les Français qui vous posent des questions", a-t-elle dit. "On n'est pas dans un grand débat, on est dans une consultation."

Au lendemain de la participation surprise d'Emmanuel Macron à un débat organisé avec des citoyens, à Bourg-de-Péage (Drôme), elle estime qu'"il est parfaitement légitime qu'il (le chef de l'Etat) aille expliquer sa politique devant les maires ou les Français mais c'est une communication politique, c'est une pédagogie, ce n'est pas un débat au sens propre".

Elle dénonce par ailleurs "un acharnement assez étrange" de l'exécutif contre la CNDP.

"Le gouvernement aurait tout à fait pu dire après mon retrait 'on comprend la décision', et d'ailleurs ça aurait montré qu'ils comprennent les problématiques des Français, et par contre on continue à travailler avec la CNDP, c'est ce qu'ils n'ont pas voulu faire", a-t-elle dit. "Est-ce que c'est l'indépendance de la CNDP qui leur pose problème?"

Après le retrait de Chantal Jouanno, le gouvernement a chargé deux ministres, Sébastien Lecornu et Emmanuelle Wargon, d'animer le débat et désigné cinq garants dont la présidente de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), Isabelle Falque-Pierrotin pour l'encadrer.

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