Le jour où la majorité a volé en éclats

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Manuel Valls et François Hollande entendent «clarifier» la ligne du gouvernement. Mais ce «coup de force» qui fait éclater au grand jour la fracture au sein de la majorité annonce des lendemains difficiles pour le pouvoir socialiste.

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Avec le départ confirmé d'Arnaud Montebourg et d'Aurélie Filippetti, de Benoît Hamon et peut-être de Christiane Taubira, figures de gauche du gouvernement, Manuel Valls dispose-t-il encore d'une majorité au Parlement ? La question peut sembler prématurée. Après tout, nous sommes encore sous la Cinquième République où la majorité présidentielle a l'habitude de voter sans coup férir, et massivement, ce que veut le chef de l'État. Même s'ils ont protesté pendant des semaines contre le pacte de responsabilité et les coupes budgétaires, les « frondeurs » socialistes n'ont d'ailleurs pas porté l'estocade : en juillet, seuls 35 d'entre eux se sont abstenus lors du vote du projet de loi rectificatif de la Sécurité sociale. Et aucun n'a voté contre, ce qui aurait marqué leur départ du groupe majoritaire.