Bayrou est-il un «caméléon idéologique»?

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S'il fait aujourd'hui des appels du pied au PS, le leader du MoDem a longtemps juré qu'il ne «[gouvernerait] ni de près ni de loin, avec les socialistes». Démocrate-chrétien tombé dans la marmite des conservateurs pour les uns, humaniste rêvant d'un grand centre pour les autres, François Bayrou a fait du chemin depuis son passage au ministère de l'éducation, en 1993, se transformant en chantre de la laïcité. Posture ou réelle évolution ?

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Que reste-t-il du François Bayrou ministre de l’éducation, qui, en réformant les lois Falloux, avait jeté 600.000 personnes dans la rue (1994)? Et que dire du député européen (1999-2002) qui défendait les racines chrétiennes de l’Europe dans ses discours? Ou encore du président de l’UDF qui, en février 2004, s’abstenait lors du vote de la loi sur l’interdiction du voile à l’école, quand la moitié de son groupe votait en faveur? Le leader du MoDem a considérablement évolué ces dernières années. Une question demeure, pourtant: qu'est-ce qui, dans cette mutation, relève de la posture ou, à l'inverse, de convictions profondes?