Vente d'Alstom: l'enjeu caché de la corruption

Par et

Le 23 avril, le jour où Alstom et General Electric scellaient leur accord, un ancien haut dirigeant du groupe français était arrêté, dans les îles Vierges américaines, dans le cadre d'une vaste affaire de corruption. D'après une enquête de Mediapart, les poursuites de la justice américaine ne sont pas sans lien avec la précipitation et l'opacité entourant le démantèlement d'Alstom.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Le 23 avril fut une journée à part dans l’histoire d’Alstom. Selon la version officielle, Patrick Kron, le PDG du groupe, rencontrait ce jour-là Jeffrey Immelt, son homologue de General Electric (GE), pour discuter de l’avenir du groupe français. La visite était à peine achevée qu’une dépêche de Bloomberg dévoilait l’annonce : le conglomérat américain s’apprêtait à lancer une offre sur Alstom. « Avant ce rendez-vous, je ne savais pas si un accord était possible, mercredi soir, j'y croyais », racontera par la suite Patrick Kron, dans un entretien au Monde. Dans la foulée, il réunissait son conseil d’administration afin de discuter du rachat de l’activité énergie du groupe. Le démantèlement d’Alstom était lancé.