Refuser le clivage gauche-droite?

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Vu de loin, un ensemble de discours convergent pour l’enterrer : Emmanuel Macron qui souhaite « dépasser la gauche et la droite », Marine Le Pen qui se dit « ni de gauche, ni de droite » ou Jean-Luc Mélenchon qui « refuse ce jeu d’étiquettes ». Pourtant, rien ou presque ne les rapproche : le premier entend éteindre les conflits sous l’expertise et la morale, la deuxième les canaliser dans un registre ethnique quand le troisième les radicalise par une opposition entre le peuple, les gens du commun, la majorité sociale et l’oligarchie, la caste, le petit monde des importants.

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Si l’on demande à un Français, en 2016, de donner une représentation du paysage politique, il est fort à parier que le résultat serait le suivant : une sorte de frise horizontale allant de la gauche à la droite. Cinq grands blocs aux frontières poreuses se dessineraient : extrême gauche, gauche, centre, droite, extrême droite. Pour les plus au fait de la vie politique française, se superposeraient des partis à ce schéma horizontal gauche-droite : Lutte ouvrière et le NPA probablement à l’extrême gauche, le Parti socialiste et le Parti communiste à gauche — EELV quelque part entre les deux —, le Modem et l’UDI au centre, Les Républicains à droite et le Front national à l’extrême droite.