C’est peu dire que le spectre des années 1930 pèse sur la vie publique française. Quand la grande crise économique planétaire a commencé en 2007, la comparaison a commencé à s’imposer dans les esprits. Mais voici qu’elle trouve aujourd’hui une pertinence politique. Le pays assiste, impuissant et médusé, à une histoire pathétique qui semble bégayer : la gauche est incapable de surmonter ses divisions et ses détestations recuites, au moment même où l’extrême droite semble aux portes du pouvoir et où le pays est menacé d’une catastrophe démocratique.