Kazakhgate: nouvelle perquisition chez Airbus

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Les policiers de l'office anticorruption ont perquisitionné jeudi 23 novembre les locaux du groupe Airbus à Suresnes dans l'affaire de corruption présumée liée à la vente de satellites et d'hélicoptères au Kazakhstan entre 2009 et 2011.

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Nouveau rebondissement dans l'affaire du Kazakhgate. Selon des informations recueillies par Mediapart et France Inter, les policiers de l'OCLCIFF, l'office anticorruption de la PJ, ont perquisitionné, jeudi 23 novembre, les locaux du groupe Airbus à Suresnes, en banlieue parisienne, où ils ont saisi des documents relatifs à l'affaire du Kazakhgate. Cette information judiciaire pour « corruption » est instruite par les juges d'instruction Aude Buresi, Serge Tournaire et Claire Thépaut, du pôle financier du tribunal de grande instance de Paris.

Comme nous l'avions révélé le 23 novembre, les magistrats enquêtent sur une commission occulte de 8,8 millions d'euros versée par Airbus à Caspian Corp, une société offshore immatriculée à Hong Kong, pour faciliter la vente, en 2009, de satellites au Kazakhstan pour 300 millions d'euros. Cette société, contrôlée par l'intermédiaire tunisien Lyès Ben Chedli, a notamment servi à financer l'achat de bijoux, de voitures et de voyages en jet privé. Les enquêteurs cherchent à identifier les bénéficiaires de ces dépenses.

Les magistrats cherchent également à vérifier si Airbus a versé une commission de 4 % (soit environ 12 millions d'euros), par l'intermédiaire de l'oligarque Patokh Chodiev, pour faciliter la signature d'un contrat, en 2011, portant sur la vente de 45 hélicoptères au Kazakhstan (lire nos enquêtes ici et ).

Le PDG d'Airbus, Thomas Enders, a été entendu comme témoin début octobre dans cette affaire par les policiers de l'OCLCIFF, ainsi que le président du conseil d’administration du groupe Denis Ranque, le secrétaire général John Harrison et l’ancienne ministre Noëlle Lenoir, l’une des trois membres du haut comité mis en place en juin dernier par Airbus pour améliorer sa politique anticorruption.

Le site d'Airbus à Suresnes avait déjà été perquisitionné par les enquêteurs en février 2016. Il abritait à l'époque le siège français du groupe Airbus (ex-EADS), auparavant situé boulevard de Montmorency à Paris et aujourd'hui basé à Toulouse. Montmorency puis Suresnes ont abrité le sulfureux service Sales and Marketing Organization (SMO) du groupe Airbus, autrefois chargé de traiter et de rémunérer les intermédiaires utilisés pour faciliter les contrats export. Ce service a été démantelé mi-2016 suite aux affaires de corruption qui visent le géant franco-allemand de l'aéronautique et de la défense (lire nos enquêtes ici et ).

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Cet article a fait l'objet d'une correction. La perquisition a eu lieu le jeudi 23 novembre, et non le vendredi 24 comme nous l'avions écrit par erreur.