Alain Minc se fâche avec Vincent Bolloré et Nicolas Sarkozy

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Entremetteur du capitalisme parisien, Alain Minc s'est brouillé avec ses deux derniers principaux appuis. Pour être anecdotique, l'histoire révèle les us et coutumes du système oligarchique français.

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C’est la fin d’une longue histoire. Pendant de nombreuses années, Alain Minc a été l’un des symboles du capitalisme de connivence à la française. Éminence grise d’abord d’Édouard Balladur, du temps où il était premier ministre, puis de Nicolas Sarkozy, du temps où il était le chef de l’État ; conseiller occulte de quelques très grandes fortunes ; président du conseil de surveillance du Monde ; essayiste prolifique : il a longtemps joué les entremetteurs du capitalisme parisien. Jouant perpétuellement de son influence dans l’un de ces univers, ceux des affaires, de la politique ou de la presse, pour en tirer avantage dans l’autre, il a tout au long des années 1990 et 2000 incarné l’extrême tolérance du système français aux conflits d’intérêts. En quelque sorte, il a été l’une des incarnations de ce capitalisme du Fouquet’s – de ce capitalisme très oligarchique qui est la marque du système français.