Climat: Total s’expose à des risques juridiques imminents

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Objectifs indigents de réduction de ses émissions de CO2, investissements massifs dans les hydrocarbures, double discours sur la réalité de ses engagements climatiques : Total sort étrillé du rapport d’ONG publié à l’occasion de l’assemblée de ses actionnaires ce mercredi 29 mai.

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Le pétrolier Total va-t-il échouer devant les tribunaux français pour répondre de sa responsabilité dans le dérèglement du climat ? C’est la menace que brandissent treize collectivités locales et les ONG qui les soutiennent à l’occasion de l’assemblée annuelle de ses actionnaires. Dans un rapport détaillé (à lire ici) passant au crible les engagements du pétrolier français pour le climat, Notre Affaire à tous, 350, Les Amis de la Terre, Attac, Sherpa, les Écomaires et l’Observatoire des multinationales mettent en garde la multinationale : sa « stratégie climat de façade », « l’insuffisance » de ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre, sa volonté de développer ses activités dans l’extraction de gaz la placent en contradiction frontale avec l’objectif de limiter la hausse des températures à 2 °C. « Si Total continue de miser sur des projections incompatibles avec l’Accord de Paris, l’entreprise devra faire face à des risques juridiques et financiers imminents », des aléas « de nature à compromettre ses activités », préviennent les signataires du document. Concrètement, les villes et collectivités – Arcueil, Bayonne, Bègles, Grande-Synthe, Grenoble, Nanterre, notamment – qui ont publiquement interpellé Total en octobre 2018 pourraient passer de la parole aux actes et ouvrir une procédure juridique contre le groupe.