Quand «le laïcard Mélenchon» s’intéresse aux quartiers populaires

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Le candidat du Front de gauche à la présidentielle a laissé entrevoir au mois de juillet sa volonté de «parler aux banlieues», un discours jusqu'ici peu porté par le co-président du Parti de gauche. Mais est-elle compatible avec son approche intransigeante de la laïcité? Son rapprochement avec Mohammed Bouklit, jeune militant des quartiers de Montpellier, laisse croire la synthèse possible.

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Un 14 juillet à Vaulx-en-Velin. Loin des avions de la patrouille de France qui le font pourtant fantasmer, Jean-Luc Mélenchon, pour une fois, ne chante pas La Marseillaise. Lui qui, du temps où il était ministre socialiste du gouvernement Jospin, aimait à entonner son amour de la patrie en tribune d'honneur des Champs-Elysées, a cette année choisi de célébrer la fête nationale dans un quartier populaire de la grande banlieue lyonnaise. Pour qui aime les symboles, ce qui est le cas de l'ancien sénateur, le message est clair. Et dévoile une ambition nouvelle: s'adresser à un électorat auquel il a peu parlé jusqu'à ce qu'il endosse aujourd'hui le costume du candidat de l'autre gauche à la présidentielle. Ainsi, il s'exclame: «Il est temps d'arrêter la folklorisation de la banlieue, présentée comme une énigme violente.»