Avoir 20 ans et être pauvre (6/6): l'abandon des jeunes qui ont été placés

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Les enfants de l'ASE (ex-Ddass) sont protégés jusqu'à l'âge de 18 ans en étant placés dans des familles d'accueil ou dans des foyers collectifs. Mais à leur majorité, ils sont lâchés dans la nature, sans rien ni personne sur qui compter. Dernier volet de notre série publiée à l'occasion de l'examen, par l'Assemblée, de la loi instituant le Revenu de solidarité active.

Dessin © Damien MacDonald

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Sonia est une oubliée de l'Etat. A 23 ans, elle ne peut compter que sur elle-même. Les autres jeunes adultes de son âge peuvent le plus souvent s'appuyer sur leurs parents, pour se loger, se nourrir, parfois étudier. Pas elle. Sonia a été placée dès ses 13 ans, et n'a personne sur qui se reposer depuis ses 18 ans, comme la grande majorité des jeunes qui sont passés par l'ASE (Aide sociale à l'enfance). L'ASE, que beaucoup continuent d'appeler la DDASS, lâche chaque année dans la nature de jeunes adultes tout juste majeurs sans aucune aide financière et bien souvent peu de repères.