Attaque à Avignon: l’assaillant portait la veste d’un groupuscule identitaire

Par , et Sebastien Bourdon

Selon les informations de Mediapart, l’homme qui a été abattu par la police à Avignon après avoir menacé d’une arme de poing un commerçant maghrébin portait une veste siglée du logo « Defend Europe » du groupuscule d’extrême droite, Génération identitaire, dont il s’est revendiqué.

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Les premières rumeurs de la journée ont fait état d’un autre attentat islamiste, ce jeudi 29 octobre, du côté d’Avignon. Il n’en est rien. Selon les informations de Mediapart, l’homme de 33 ans qui a été abattu par la police après avoir menacé d’une arme de poing un commerçant maghrébin portait une veste bleue siglée du logo « Defend Europe » du groupuscule d’extrême droite Génération identitaire. Une information confirmée par le procureur de la République d’Avignon, Philippe Guemas.

Comme l’a révélé Le Monde, cet homme a aussi revendiqué son appartenance à Génération identitaire quand il a menacé le commerçant en fin de matinée, à Montfavet, quartier d’Avignon.

L’opération de « Defend Europe » au col de l‘Échelle, an avril 2018. © Romain Lafabrègue / AFP L’opération de « Defend Europe » au col de l‘Échelle, an avril 2018. © Romain Lafabrègue / AFP

 

L’arme de poing qu’il portait était un pistolet automatique de calibre 7,65 mm. « Il a pris le commerçant à partie, avant que celui-ci ne fasse appel à la police », a expliqué à Mediapart le procureur de la République. Après l’arrivée de trois fonctionnaires de la brigade anti-criminalité (BAC) sur place, l’homme a refusé d’obtempérer et s’est avancé vers eux, ce qui a poussé les policiers à tirer au lanceur de balles de défense (LBD) puis, face à l’individu qui continuait à avancer vers eux, à balles réelles.

Philippe Guemas ajoute que, contrairement à ce qui a pu être indiqué, l’individu n’a jamais prononcé « Allahû Akbar » ou exhibé un couteau. « Il n'a rien dit en s’avançant vers les policiers », explique le procureur. Comme dans le cas de l’attentat de la mosquée de Bayonne perpétré par un ancien candidat FN en octobre 2019, le parquet national antiterroriste n’a pas voulu se saisir de l’affaire. « Nous avons plus affaire à un déséquilibré, qui semble proche de l’extrême droite et a fait des séjours en psychiatrie. Il n’y a pas de revendication », justifie M. Guemas. L’enquête judiciaire confiée à la police judiciaire va porter sur l’environnement de l’homme et ses motivations.

Sans la moindre précaution, le Rassemblement national s'était immédiatement saisi de l'affaire jeudi matin pour la relier à « l'islamisme ».

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Rencontré il y a un quinze jours, un haut gradé du renseignement faisait un sombre état des lieux. D’un côté, il confiait que Génération identitatire était le groupe d’ultra-droite « le plus structuré à l’heure actuelle », celui qui mobilisait le plus l’attention des services. De l’autre, il soulignait que le plus grand danger en terme de potentiel attentat venait d’un individu isolé, éventuellement fragile, qui passerait à l’acte sans alerter personne.

En avril 2018, équipés de leurs doudounes bleues « Defend Europe », les militants de Génération identitaire avaient symboliquement bloqué le col de l’Échelle (Hautes-Alpes) emprunté par les migrants pour passer d’Italie en France.

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