Que risque le ministère de l’intérieur à créer un fichier sans autorisation, en violant la loi informatique et libertés de 1978 ? Rien. Au pire, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), alertée par des citoyens, s’en aperçoit et lui demande de le régulariser. C’est exactement ce qui vient de se passer pour le fichier « stade » qui semble avoir été créé sur mesure par la préfecture de police de Paris pour le Paris Saint-Germain (PSG). Suite à un contrôle de la Cnil, est en effet paru le 15 avril 2015 un arrêté « portant autorisation d’un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé “fichier Stade” ». Un recours a été déposé ce 29 avril par la Ligue des droits de l'homme (LDH) devant le Conseil d'État. « Confondant ainsi suspect de terrorisme et supporters sportifs, le ministère de l’intérieur peaufine son fichage généralisé de la population dans une sorte de boulimie dont les libertés individuelles sont les premières victimes », dénonce l'association dans un communiqué.