Cinq ans après, le traumatisme de l’attentat de Magnanville n’a pas quitté les policiers

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Cinq ans avant l’attentat de Rambouillet, un couple de fonctionnaires était assassiné à Magnanville. Mediapart retrace la nuit d’horreur vécue par les policiers et les conséquences profondes que cela a eues sur leurs vies professionnelles et privées.

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À 21 h 05, le lundi 13 juin 2016, à l’instant où son téléphone sonne, Vlad*, major de police affecté à la BAC de Saint-Germain-en-Laye, a fini son service et n’est plus qu’à une centaine de mètres du commissariat. Au même moment, Nicolas, un jeune gardien de la paix, enfile son gilet pare-balles à l’hôtel de police de Mantes-la-Jolie où il s’est précipité après qu’un collègue l’a appelé à son domicile pour le prévenir de ce qui venait de se passer. À quelques rues de là, au premier étage d’un petit immeuble d’habitation, Maryline, la secrétaire départementale du syndicat Alliance, branche la télévision dans l’appartement qu’elle a acheté l’année précédente. Elle reçoit un appel de son bureau national qui veut savoir ce qui se passe, elle les envoie paître. Maryline blêmit en regardant les images de BFMTV. Deux cent cinquante kilomètres plus au nord, à Valenciennes, Salim, un commandant à la retraite, s’apprête à passer à table avec sa mère, son frère et sa belle-sœur à qui il rend visite. Le fils de Salim l’appelle, il lui demande dans quelle rue habite « JB ». Salim lui dit et s’étonne :