Dieudonné, ce pitre qui ne fait pas rire

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Militant antiraciste devenu propagandiste antisémite, Dieudonné ne fait plus rire. Vendredi 26 décembre 2008, au Zénith, il a atteint des sommets d'ignominie en distinguant par un «prix de l'insolence» le négationniste Robert Faurisson, acharné à nier la réalité du génocide dont ont été victimes les juifs d'Europe. Mais s'indigner face à cette provocation, recherche explicite du scandale, ne suffit pas, pas plus que le recours à la justice. Encore faut-il se donner les moyens véritables de faire reculer cette renaissance d'une idéologie criminelle, sur fond de vide politique, de misère sociale et d'ignorance abyssale. Voici donc un essai d'analyse, de décryptage et de réfutation après cet événement stupéfiant: une salle comble, à Paris, en 2008, acclamant une mise en scène clairement antisémite.

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Au spectacle de la dernière affaire Dieudonné, stupéfait et sidéré, j'ai eu envie de relire David Rousset. Je venais de regarder sur le Net (la vidéo est accessible sous l'onglet "Prolonger" de cet article) cette mise en scène clairement antisémite, dans ses symboles, ses allusions et ses sous-entendus. Sur la scène du Zénith, Dieudonné faisait remettre par un assistant portant une sorte de pyjama rayé et arborant l'étoile jaune – un «habit de lumière», fut son commentaire pour décrire cet uniforme de déporté – un «prix de l'infréquentabilité et de l'insolence» au négationniste Robert Faurisson, lequel disait être traité «comme un Palestinien» dans son pays tandis que l'hôte, le primé et le public faisaient chorus autour d'un même adversaire, les «sionistes». Cette ignominie est évidemment une provocation destinée à faire sauter le verrou de mémoire que constitue le génocide juif en niant la réalité du crime contre l'humanité.