L'affaire Gérald Darmanin


À deux reprises, Gérald Darmanin a été accusé d’avoir profité de sa position dominante d’élu pour obtenir des faveurs sexuelles. Aux deux femmes, il aurait promis, d’après leurs récits, d’intervenir en leur faveur, la première pour sa condamnation judiciaire, la seconde pour sa demande de logement. La première plainte (pour « viol », « harcèlement sexuel » et « abus de confiance ») est relancée devant la justice, tandis que la seconde (pour « abus de faiblesse ») a été classée sans suite. Il affirme n'avoir « jamais abusé de la faiblesse ou de l’intégrité de quiconque ». Sa nomination comme ministre de l'intérieur, et donc à la tête des services chargés d'enquêter sur lui, est contestée. 

Pourquoi la promotion de Darmanin pose problème

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Protestation contre le nouveau gouvernement, le 7 juillet 2020 à Paris. © Karine Pierre / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP Protestation contre le nouveau gouvernement, le 7 juillet 2020 à Paris. © Karine Pierre / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Depuis l’annonce du nouveau gouvernement, le choix de Gérald Darmanin au ministère de l’intérieur suscite une très grande colère au sein des réseaux féministes, et de nombreuses manifestations. Emmanuel Macron répond sur le terrain juridique. Le débat est aussi éthique et politique.

Droits des femmes: le gouvernement de la honte

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En nommant l’avocat Éric Dupond-Moretti à la justice, Gérald Darmanin à l’intérieur et Élisabeth Moreno aux droits des femmes, Emmanuel Macron inflige un camouflet à toutes celles et tous ceux qui promeuvent des rapports plus égalitaires et luttent contre les violences sexuelles.

Plainte pour viol contre Gérald Darmanin: le dossier est relancé

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Gérald Darmanin, à l'Élysée, le 24 avril 2020. © LUDOVIC MARIN / AFP Gérald Darmanin, à l'Élysée, le 24 avril 2020. © LUDOVIC MARIN / AFP

La cour d’appel de Paris a ordonné, mardi 11 juin, la reprise des investigations visant le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, concernant une accusation de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance qu’il aurait commis en 2009.

Affaire Darmanin: les zones d’ombre de l’audition du ministre

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La première plainte pour « viol » visant le ministre des comptes publics a été classée sans suite. Mediapart a pu consulter le contenu de l'enquête préliminaire. Auditions, SMS, courrier : plusieurs éléments accréditent l'hypothèse selon laquelle Gérald Darmanin aurait obtenu une relation sexuelle en échange d'une intervention judiciaire.

Affaire Darmanin: le parquet classe la plainte de l’habitante de Tourcoing

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Le parquet de Paris a classé sans suite l’enquête préliminaire pour « abus de faiblesse » visant le ministre. Cette enquête avait été ouverte après la plainte déposée par une femme, qui accuse l'ancien maire d’avoir profité de sa position pour obtenir des faveurs sexuelles.

Affaire Darmanin: la deuxième plaignante livre son récit

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Gérald Darmanin le 12 juillet 2017 à l'Assemblée nationale, à Paris. © Reuters Gérald Darmanin le 12 juillet 2017 à l'Assemblée nationale, à Paris. © Reuters
Une habitante de Tourcoing a déposé plainte pour « abus de faiblesse » contre Gérald Darmanin le 13 février. Mediapart l’a rencontrée. Elle accuse l'ancien maire d’avoir profité de sa position pour obtenir des faveurs sexuelles : « Je me sentais obligée de le faire pour avoir un logement et un travail. » Elle a fourni aux enquêteurs des éléments matériels (SMS, courriers, etc.). Certaines lettres attestent d'interventions de l’élu, y compris après son entrée au gouvernement. Lui affirme n’avoir « jamais abusé de la faiblesse ou de l’intégrité de quiconque ».

Affaire Darmanin: la dérive ultime du clientélisme à la française

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Au-delà de sa dimension pénale, l’affaire Darmanin est le fruit d’une conception très française des rapports entre politiques et administrés. Pour Mediapart, des élus et anciens ministres reviennent sur les interventions en faveur d’un logement, un emploi ou une allocation, et leurs frontières avec le clientélisme. L’ex-ministre de l’économie Michel Sapin met en garde : « On ne peut jouer de ces lettres pour obtenir des faveurs. »

L’affaire Darmanin, le droit et la corruption sexuelle

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Le premier ministre Édouard Philippe et Gérald Darmanin à l'Assemblée nationale, le 30 janvier 2018. © Reuters Le premier ministre Édouard Philippe et Gérald Darmanin à l'Assemblée nationale, le 30 janvier 2018. © Reuters

Le ministre est accusé d’avoir joué de son influence pour obtenir des faveurs sexuelles. En droit pénal, cette situation, si elle était avérée, pourrait relever du trafic d’influence. Cette qualification est régulièrement retenue dans les affaires financières mais est aussi parfaitement adaptée aux dossiers de « corruption sexuelle ». Elle a d’ailleurs déjà donné lieu à la condamnation d’un élu en 2007.

Affaire Darmanin: une démission ne dépend pas du code pénal

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Gérald Darmanin doit-il démissionner ? Tous ceux qui se prononcent sur la question font référence à l’ouverture d’une enquête judiciaire qui, à elle seule, légitimerait ou non son renvoi. Les décisions politiques ne peuvent pourtant pas se prendre seulement en vertu de la loi. L’éthique compte, comme l’ont montré les renvois des dernières années.

Affaire Darmanin: la question de l’abus de pouvoir gêne la classe politique

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La classe politique a abondamment commenté la dimension judiciaire de l'affaire Darmanin. Mais la question éthique de l’abus de pouvoir suscite beaucoup moins de réactions. Voire carrément un grand embarras chez nombre de ceux que Mediapart a interrogés.

Le ministre Darmanin face à la question de l’abus de pouvoir

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Outre la question du consentement sur le plan judiciaire, l’enquête préliminaire pour « viol » visant Gérald Darmanin, actuel ministre du budget, pour des faits qui remonteraient à 2009, pose aussi une question éthique et morale : celle de l’abus de pouvoir. Alors que le premier ministre et le gouvernement font bloc derrière le ministre, plusieurs responsables des Républicains demandent sa démission. Sans évoquer cette dimension particulière de l'affaire.

 

«Me too»: le gouvernement face à ses contradictions

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L’exécutif l’a toujours dit : la « cohérence » de l’action politique suppose le respect des lois, mais aussi une « forme d’éthique ». C’est pourquoi quatre ministres – inquiétés par la justice, mais pas mis en examen – avaient quitté le gouvernement avant que ne démarrent les débats sur la moralisation de la vie publique. Mais ce qui est valable pour les affaires politico-financières, ne l’est toujours pas en matière de lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes.

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