Macron: à droite toute!

On savait Emmanuel Macron libéral sur les questions économiques, son quinquennat l’aura révélé conservateur sur les sujets dits « régaliens » : immigration, sécurité, identité... Sa politique ressemble à s’y méprendre à celle mise en œuvre par Nicolas Sarkozy.

A droite toute, LREM veut incarner le parti de l’«ordre républicain»

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Rentrée politique de LREM, le 11 septembre. © ES Rentrée politique de LREM, le 11 septembre. © ES

Si certains tentent encore de déplacer le curseur, la plupart des élus de la majorité présidentielle ont intégré l’évolution politique d’Emmanuel Macron sur les questions de sécurité. Ils assument désormais leur droite, de façon plus ou moins résignée.

Avec le «séparatisme», le gouvernement cible les musulmans

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Marlène Schiappa et Gérald Darmanin, le 30 août 2020, au ministère de l'intérieur. © Arthur Nicholas Orchard / Hans Lucas via AFP Marlène Schiappa et Gérald Darmanin, le 30 août 2020, au ministère de l'intérieur. © Arthur Nicholas Orchard / Hans Lucas via AFP

Par bribes, le gouvernement dévoile ce qu’il entend par « séparatisme » et comment il compte lutter contre, invoquant des « zones grises » dans le droit actuel. Pourtant, dès le moindre soupçon, les pouvoirs de l’administration sont déjà exorbitants.

La sauvagerie politique de Gérald Darmanin

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Gérald Darmanin, ministre de l'intérieur. © NurPhoto via AFP Gérald Darmanin, ministre de l'intérieur. © NurPhoto via AFP

Mis en cause pour des faveurs sexuelles qu’il est suspecté d’avoir obtenues en échange d’interventions politiques, lié à un ex-président de la République triplement mis en cause par la justice, Gérald Darmanin n’aurait jamais dû être promu ministre de l’intérieur. Son comportement depuis montre que son départ serait de salubrité publique.

A Beauvau, Darmanin fait de la com au Kärcher

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Gérald Darmanin et Emmanuel Macron. © AFP Gérald Darmanin et Emmanuel Macron. © AFP

Questions identitaires, politique du chiffre, coups de menton… Avec Darmanin à l’Intérieur, Macron recycle les vieilles recettes de Sarkozy. Le chef de l’État espère ainsi occulter la crise sociale et ravir l’électorat de droite. Au risque de cliver davantage la société.

La République figée d’Emmanuel Macron

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Cérémonie du 4 septembre, au Panthéon. © AFP Cérémonie du 4 septembre, au Panthéon. © AFP

L’estimant « menacée » par des « forces obscurantistes » et « séparatistes », le chef de l’État a livré sa vision de la République, vendredi, au Panthéon. Une approche conservatrice qui a tout pour satisfaire son nouvel électorat de droite.

Estrosi confirme la droitisation de Macron

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Christian Estrosi et Emmanuel Macron. © AFP Christian Estrosi et Emmanuel Macron. © AFP

En proposant de soutenir la réélection d’Emmanuel Macron en 2022, Christian Estrosi a plongé la majorité dans un profond malaise. Son offre s’inscrit pourtant dans la dérive droitière du chef de l’État, qui gêne de plus en plus ses fidèles de la première heure.

Castex ressuscite les années Sarkozy

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Jean Castex à l’Assemblée nationale, le 15 juillet. © AFP Jean Castex à l’Assemblée nationale, le 15 juillet. © AFP

Le premier ministre a profité de son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale pour faire un bond de quinze ans en arrière. Séparatisme, incivilités, « France du bon sens »... Jean Castex a proposé un pot-pourri du pire de la droite sarkozyste.

De Ricœur à Taguieff: la mémoire, l’histoire et les oublis de Macron

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Emmanuel Macron à Buenos Aires (Argentine), en novembre 2018. © AFP Emmanuel Macron à Buenos Aires (Argentine), en novembre 2018. © AFP

Assistant du philosophe Paul Ricœur lors de l’écriture de La mémoire, l’histoire, l’oubli, le président de la République semble avoir oublié les leçons de ce livre de référence. Car la « réinvention » qu’il n’en finit pas de promettre ressemble de plus en plus à une crispation identitaire.

Face à l’extrême droite, Macron rejoue la partie perdante de Sarkozy

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Marine Le Pen et Emmanuel Macron, en novembre 2017. © AFP Marine Le Pen et Emmanuel Macron, en novembre 2017. © AFP

Après l’avoir désignée comme son unique adversaire, Emmanuel Macron entend désormais affronter Marine Le Pen sur son propre terrain, en plaçant la sécurité, l’immigration et le communautarisme au cœur de son action politique. Pendant ce temps, l’extrême droite profite de la crise sociale.

Emmanuel Macron soigne sa démagogie

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Le Président aime faire savoir qu'il s'entretient avec Philippe de Villiers, Patrick Sébastien, Jean-Marie Bigard, Didier Raoult... © photos AFP Le Président aime faire savoir qu'il s'entretient avec Philippe de Villiers, Patrick Sébastien, Jean-Marie Bigard, Didier Raoult... © photos AFP

Craignant l’émergence d’une figure « antisystème », le président de la République tente de redorer son image en s’appuyant sur des personnalités plébiscitées par les réseaux sociaux. Créant de la confusion au plus haut niveau de l’État, cette stratégie légitime les discours extrêmes.

Laïcité: le document qui peut remettre le feu aux poudres chez LREM

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 © AFP © AFP

Le groupe LREM à l’Assemblée nationale a adressé à Emmanuel Macron des propositions censées nourrir sa réflexion pour « lutter contre les forces qui minent l’unité nationale ». Mais le document que publie Mediapart n’a pas encore fait l’objet d’un débat en interne. Au regard de sa tonalité et des approximations qui y figurent, il risque de donner lieu à de nouvelles tensions au sein de la majorité.

Violences sexuelles: le coup de com’ de Schiappa sur le dos des étrangers

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Marlène Schiappa à l’Assemblée nationale en juin 2018. © Reuters Marlène Schiappa à l’Assemblée nationale en juin 2018. © Reuters

Au lendemain du comité sur l’immigration, Marlène Schiappa promettait que la France allait « désormais expulser les citoyens étrangers condamnés pour violences sexuelles ». Depuis, Mediapart a cherché à comprendre ce qui se cache exactement derrière cette annonce. Réponse : un coup de bluff. Au risque de servir l’extrême droite.

Le Printemps républicain, une «petite boutique» qui veut peser sur le jeu politique

Un peu plus de trois ans après sa création, le Printemps républicain, fondé par des proches de Manuel Valls pour défendre une République qu’ils décrivent assiégée par le communautarisme musulman, se transforme en parti politique pour « peser sur l’élection présidentielle de 2022 ».

Ce moment où Macron a (r)ouvert les vannes de l’islamophobie

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Lors de son hommage aux victimes de la tuerie de la préfecture de police de Paris, Emmanuel Macron a plaidé pour une « société de la vigilance » face à l’« hydre islamiste », le 8 octobre 2019. © Reuters Lors de son hommage aux victimes de la tuerie de la préfecture de police de Paris, Emmanuel Macron a plaidé pour une « société de la vigilance » face à l’« hydre islamiste », le 8 octobre 2019. © Reuters

Après Nicolas Sarkozy et Manuel Valls, Emmanuel Macron, à son tour, laisse la porte ouverte au déferlement de haine contre les musulmans. Il en va de sa responsabilité de maintenir les digues, y compris en menant la lutte contre le terrorisme. 

Avec le voile, Macron occulte l’urgence sociale

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Emmanuel Macron, le 17 octobre 2019 © Reuters Emmanuel Macron, le 17 octobre 2019 © Reuters

En accordant un entretien au journal d’extrême droite Valeurs actuelles, Emmanuel Macron alimente à son tour un débat qui sature l’espace public depuis des semaines. Et occulte les sujets qui préoccupent vraiment le gouvernement, à commencer par le mouvement social contre le projet de réforme des retraites.

Voile et école: cette obsession française

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Jean-Michel Blanquer et Brigitte Macron font une dictée. © Reuters Jean-Michel Blanquer et Brigitte Macron font une dictée. © Reuters

Pour le ministre de l’éducation nationale, « le voile n’est pas souhaitable dans notre société ». À ce stade, pourtant, Jean-Michel Blanquer n’appelle pas à changer la loi, qui autorise les mères à le porter en sortie scolaire. Il fait pire, appelant plutôt à la contourner : « Que cela soit évité. »

En dégainant le concept d’«insécurité culturelle», Macron prolonge l’hiver républicain

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Emmanuel Macron avant son intervention télévisée du 15 octobre 2017. © Philippe Wojazer/Reuters Emmanuel Macron avant son intervention télévisée du 15 octobre 2017. © Philippe Wojazer/Reuters

Alors que les députés vont débattre de l’immigration, nos dirigeants restent prisonniers d’une version classique de la pensée républicaine. Et ignorent un rameau plus critique, attaché à une citoyenneté de la « non-domination ». 

«Listes communautaires»: pour le ministère de l’intérieur, un mirage gagnant

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Sans aller jusqu’à interdire les « listes communautaires » aux élections municipales, le gouvernement estime devoir agir. Il jette l’opprobre sur une dizaine de listes, sans aucune transparence sur ses critères.

Contre le communautarisme, la circulaire Castaner fait feu de tout bois 

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Christophe Castaner en déplacement à Strasbourg, le 14 février 2020. © Abdesslam Mirdass / Hans Lucas Christophe Castaner en déplacement à Strasbourg, le 14 février 2020. © Abdesslam Mirdass / Hans Lucas

Hygiène, sécurité, fraude… Les préfectures peuvent désormais s’en prendre par des moyens détournés aux lieux jugés problématiques sur le plan religieux. Lancée en 2018, l’expérimentation s’est généralisée depuis novembre. 

«Listes communautaires»: le pouvoir s’empêtre dans un nouveau débat insensé

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Christophe Castaner et Gérald Darmanin sont les premiers à avoir lancé le sujet après les européennes. © Reuters Christophe Castaner et Gérald Darmanin sont les premiers à avoir lancé le sujet après les européennes. © Reuters

En proposant d’interdire les « listes communautaires », la droite s’est engouffrée dans la brèche ouverte par l’exécutif après les européennes. Si elle séduit certains membres du gouvernement, l’idée est écartée par son chef, qui réfléchit tout de même à d’autres pistes, comme celle d’étendre « la neutralité des fonctionnaires aux élus ».

Fermeture de mosquées: des musulmans dénoncent une «punition collective»

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L’association Action droits des musulmans a publié un rapport sur les sept fermetures administratives de mosquée prononcées depuis l’adoption fin 2017 de la loi SILT, qui transposait dans le droit commun des mesures de l’état d’urgence. Ce rapport dénonce des procédures opaques et injustes, faisant l’amalgame entre les djihadistes et l’ensemble des musulmans, et reposant sur une méconnaissance de l’islam.

Immigration: Macron sombre dans les mêmes travers que Sarkozy

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Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy à Thones (Haute-Savoie), le 31 mars. © Reuters Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy à Thones (Haute-Savoie), le 31 mars. © Reuters

Pour contrer l’extrême droite, le chef de l’État entend replacer l’immigration au cœur du débat public. Non content de recycler la stratégie politique de Nicolas Sarkozy, il réutilise également sa rhétorique, opposant le prétendu aveuglement des « bourgeois » aux « réalités » des classes populaires.

Débat sur l’immigration: Macron plonge ses ministres dans l’embarras

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Édouard Philippe montant à la tribune de l’Assemblée nationale, le 7 octobre. © Reuters Édouard Philippe montant à la tribune de l’Assemblée nationale, le 7 octobre. © Reuters

Plusieurs ministres, dont le premier d’entre eux, ont lancé lundi un débat sur l’immigration à l’Assemblée nationale. Leurs discours respectifs ont démontré à quel point le gouvernement peine à sortir par le haut d’une discussion dont personne, à part Emmanuel Macron, ne voulait vraiment.

Immigration: le débat ouvert par Macron crée des remous dans la majorité

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Emmanuel Macron, avec Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale et Marc Fesneau, ministre des relations avec le Parlement, le 16 août, à l'Élysée. © DR Emmanuel Macron, avec Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale et Marc Fesneau, ministre des relations avec le Parlement, le 16 août, à l'Élysée. © DR

À la suite des propos d’Emmanuel Macron sur la nécessité de s’emparer à nouveau du thème de l’immigration, et avant le débat prévu dans l’hémicycle le 30 septembre, certains députés LREM témoignent de leur dépit de voir une nouvelle fois ce sujet mis à l’agenda.

Le «grand débat» de Macron fait déjà polémique

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 © Reuters © Reuters

À la veille du « grand débat » voulu par Emmanuel Macron pour répondre aux « gilets jaunes », la confusion règne toujours sur ses modalités d’organisation. Le surgissement de la question de l’immigration et de la laïcité est venu perturber les discussions. Une partie de la majorité s’en inquiète.

Loi asile: tous nos articles

L'Assemblée nationale a entériné dimanche 22 avril la loi immigration portée par le ministre de l'intérieur Gérard Collomb. Le texte, centré sur la répression, vise notamment à réduire le délai de traitement des demandes d’asile et accélérer les procédures d’expulsion de ceux qui en sont déboutés. Retrouvez ici tous nos articles consacrés au sujet, qui a divisé la majorité.

Faire le pari de la société contre la politique du pire

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Emmanuel Macron à l'Élysée, le 25 avril 2019. © Reuters Emmanuel Macron à l'Élysée, le 25 avril 2019. © Reuters

Plutôt le Rassemblement national que le mouvement social ! Après les avoir violemment réprimés, Emmanuel Macron entend congédier les « gilets jaunes » par la promotion électorale de l’extrême droite en seul adversaire de sa politique. Cette politique du pire est un hommage paradoxal à la nouveauté démocratique et sociale du mouvement.

Seuls face à l’extrême droite: le jeu dangereux des macronistes

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Marine Le Pen et Emmanuel Macron à l’Élysée, le 21 novembre 2017. © Reuters Marine Le Pen et Emmanuel Macron à l’Élysée, le 21 novembre 2017. © Reuters

Certains macronistes profitent de l’affaiblissement des partis d’opposition pour lancer des appels à rejoindre leurs rangs. Sous couvert de rassemblement, ils piétinent le pluralisme, écartent les contre-pouvoirs, et installent le RN comme unique alternative.

La laïcité divise encore et toujours la Macronie

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À l’Élysée, le 18 mars. © Reuters À l’Élysée, le 18 mars. © Reuters

S’il se veut constant sur les questions de laïcité depuis la campagne de 2017, Emmanuel Macron reste inaudible pour une partie de sa majorité qui continue de penser qu’il n’a fixé aucune ligne sur le sujet. Certaines de ses prises de parole participent à entretenir le flou, laissant libre cours aux différences d’interprétation.

Les échanges hors sol des «sages de la laïcité»

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Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer, le 4 octobre 2017. © Reuters Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer, le 4 octobre 2017. © Reuters

Mediapart a consulté le compte-rendu d’une réunion du « conseil des sages de la laïcité », mis en place par le ministre de l’éducation nationale. La question du voile y est soulevée à maintes reprises, certains se demandant même si Latifa Ibn Ziaten, la mère de la première victime de Mohammed Merah, serait « ouverte » à l’idée d’enlever le sien pour intervenir auprès des élèves.

Laïcité: les experts de Blanquer contredisent Macron

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Début décembre, Jean-Michel Blanquer avait annoncé la création d’un « conseil des sages de la laïcité ». Le ministre de l’éducation nationale est en train de finaliser la liste de ses membres, qui vont se réunir le 8 janvier. Selon nos informations, le politologue Laurent Bouvet ou Patrick Kessel, tenants d’une laïcité stricte, pourraient rejoindre cette instance.

La «journée de la laïcité» laisse sceptiques les enseignants

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À l'occasion de la « journée de la laïcité », le ministère de l'éducation nationale a demandé aux enseignants du primaire et du secondaire d'organiser des activités dans leur classe. Une « injonction » qui passe mal pour certains, redoutant que les efforts de formation sur le sujet ne tournent à l'idée fixe, tout en reconnaissant la difficulté de se confronter à « des élèves qui se situent de plus en plus sur le terrain moral ».

Blanquer joue (encore) les apprentis sorciers avec la laïcité

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Le ministre de l’éducation a réagi à une affiche de la FCPE qui montre une mère de famille voilée accompagnant une sortie scolaire. Jugeant ce visuel « regrettable », il s'est dit opposé au port du voile par des mères lors de ces sorties. Dans la majorité, la députée Fiona Lazaar s'est dit agacée par ce débat stérile. 

L’offensive de Valls et des «laïcistes» en Macronie

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Manuel Valls multiplie les interventions médiatiques dans le but de s’imposer sur le sujet, avec le soutien de bon nombre de militants qui s’activent en coulisses et sur les réseaux sociaux. Mais sa conception de la laïcité reste très différente de celle du président de la République, qui entend continuer à s’inscrire « dans la droite ligne de la loi 1905 ».

Stages antiracistes et «non-mixité»: le ministère de l’éducation à nouveau désavoué

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Opposé à une formation syndicale organisée par SUD Éducation 93 en 2019, le directeur académique départemental avait interdit à des enseignants d’y participer. Le tribunal administratif vient de lui donner tort.