On savait Emmanuel Macron libéral sur les questions économiques, son quinquennat l’aura révélé conservateur sur les sujets dits « régaliens » : immigration, sécurité, identité... Sa politique ressemble à s’y méprendre à celle mise en œuvre par Nicolas Sarkozy.
Des propositions d’Arnaud Montebourg sur l’immigration aux contorsions de la droite LR face à Éric Zemmour, en passant par les caricatures de certains ministres, le confusionnisme a kidnappé la campagne présidentielle. Emmanuel Macron laisse faire, dans l’espoir d’une réélection.
Au nom d’un « universalisme » qui cache mal d’autres crispations, Emmanuel Macron s’est attaqué aux « logiques intersectionnelles » et aux tenues des jeunes femmes. Le « féminisme » dont il se revendique contribue à forger une vision étriquée de nos identités et de nos sociétés.
Emmanuel Macron doit confirmer d’ici au 14 juillet s’il relance une réforme des retraites avant la présidentielle de 2022 ou s’il en fait un débat de campagne. Sous pression de la droite classique, le chef de l’État veut désormais que les Français travaillent plus, quoi qu’il en coûte.
Le ministre de l’éducation nationale vient de décider d’introduire davantage de contrôle continu pour le baccalauréat, au risque de créer un examen local et d’accroître ainsi les inégalités entre élèves. Comme quasiment toutes ses réformes depuis le début du quinquennat.
À un an de la présidentielle, le chef de l’État profite des régionales et départementales pour achever les partis d’opposition et s’installer seul face à l’extrême droite. Une stratégie périlleuse qui inquiète jusque dans les rangs de sa majorité.
L’omniprésence du RN dans les régionales fait resurgir les difficultés de positionnement de la droite, qu’elle soit au gouvernement (LREM) ou dans l’opposition (LR), face à l’extrême droite. Dans les partis, les avis sur la façon de séduire l'électorat de Marine Le Pen sont presque aussi nombreux que les élus.
En annonçant porter plainte contre Audrey Pulvar pour une opinion politique, le ministre de l’intérieur sombre une nouvelle fois dans la polémique stérile. À l’image du pouvoir exécutif, il rivalise de démagogie, renie les principes fondamentaux et montre toute l’étendue de sa faiblesse.
La République ne saurait se soumettre à la police. Ce principe démocratique est remis en cause par l’intersyndicale policière, avec le soutien du pouvoir en place, de l’extrême droite et des deux partis historiques de la gauche.
À l’occasion du « Beauvau de la sécurité », cycle de concertation organisé par le ministère de l'intérieur, Mediapart se penche sur les chantiers de transformation de l’institution policière.
Jadis ouvert à la dépénalisation du cannabis, le chef de l’État se dit aujourd’hui favorable à une politique antidrogues sévère, visant à « harceler les trafiquants et les dealers », mais aussi les usagers. Quitte à s’enfoncer dans une impasse.
Pressé par une partie de sa majorité, l’exécutif a sondé l’ancien député LR Jean Leonetti, pour participer à une éventuelle réflexion sur l’évolution de la loi qu’il avait portée en 2005. Une façon de rejeter la demande, récemment formulée par 300 députés, d’un débat parlementaire avant la fin du quinquennat.
Au terme de semaines de grandes manœuvres, Jean Castex a annoncé un accord avec le président LR de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, créant de vives tensions au sein de la majorité présidentielle comme du parti de Christian Jacob. LR a immédiatement retiré son investiture à Renaud Muselier.
Répondant à une provocation du vice-président du RN, Stanislas Guerini a condamné le port du voile d’une candidate LREM aux départementales. Ce faisant, le délégué général du parti présidentiel a démontré à quel point l’extrême droite dicte l’agenda politique d’une majorité sans histoire ni colonne vertébrale.
Marlène Schiappa a annoncé le lancement d’« états généraux de la laïcité », avec des personnalités, des syndicats et des associations. Citée en exemple, la CFDT dénonce une « pure manipulation ». L’Élysée surveille de près l’initiative pour qu’elle ne se transforme pas en « états généraux du Printemps républicain ».
À un an de l’élection présidentielle, plusieurs figures de La République en marche s’interrogent sur l’éloignement du centre-gauche et sur le refus de faire une nouvelle fois barrage à l’extrême droite. « Il y a eu des blessures pour une partie de notre électorat », dit l’une d’entre elles.
Le divorce semble consommé entre les enseignants et le président de la République, alors même que ce dernier avait su rallier une partie de cet électorat en 2017. Essorés par la crise sanitaire, épuisés par des réformes menées à fond de train, les profs ne sont cependant pas entièrement rassurés par l’offre politique à gauche.