Retrouvez dans ce dossier tous nos articles et reportages sur la crise qui a secoué la Nouvelle-Calédonie en mai 2024, les conséquences politiques, ainsi que nos archives.
Choix politiques, répression policière, justice, prison… Dans un avis adopté jeudi 29 janvier, la Commission nationale consultative des droits de l’homme pointe la façon dont les autorités ont eu un traitement différencié des révoltes entre Kanak et non-Kanak. Une situation qui n’en finit pas de désespérer les premiers concernés.
Sous pression des loyalistes radicalisés et de son propre camp, le chef de l’État s’est félicité d’avoir signé un nouvel accord sur l’avenir de l’archipel, malgré l’absence du FLNKS. L’exécutif continue de marginaliser le représentant légitime de la lutte de décolonisation du peuple kanak dans l’espoir de gagner la bataille parlementaire.
Alors qu’une réunion sur l’avenir de l’archipel se tient vendredi à l’Élysée en l’absence du FLNKS, le président du mouvement indépendantiste s’est exprimé la veille, lors de l’audience en diffamation contre la loyaliste Sonia Backès. Celle-ci l’avait qualifié de « chef des terroristes ». Lui se réclame d’une « démarche pacifique ».
Après une année passée en détention en métropole, le leader indépendantiste a accordé à Mediapart son premier entretien depuis son retour en Kanaky-Nouvelle-Calédonie. Déterminé à tourner la page de Bougival et à reprendre les discussions, Christian Tein appelle le gouvernement français à « changer de méthode de manière urgente ».
À l’issue de son déplacement dans l’archipel, la ministre des outre-mer a annoncé la tenue d’une « consultation » locale sur le projet d’accord de Bougival, pourtant rejeté par le Front de libération nationale kanak et socialiste. Le pouvoir macroniste s’enferre dans sa méthode délétère.
Pour la première fois depuis leur libération, six anciens détenus, dont le président du FLNKS Christian Tein, se sont exprimés ensemble pour « mettre la lumière » sur ce qu’il s’est passé depuis les révoltes du 13-Mai en Kanaky-Nouvelle-Calédonie et évoquer la suite des événements, après leur rejet de l’accord de Bougival.
Alors que la nouvelle ministre des outre-mer, Naïma Moutchou, est attendue la semaine prochaine dans l’archipel, le FLNKS a organisé, vendredi 31 octobre, une mobilisation contre le « passage en force » de l’État sur le report des élections provinciales et l’accord de Bougival.
Le camp présidentiel a voté une motion de rejet contre son propre texte visant à reporter les élections en Nouvelle-Calédonie, afin de mieux le réécrire en commission mixte paritaire. L’empressement du pouvoir à mettre en œuvre le projet d’accord de Bougival malgré le rejet du FLNKS se confirme.
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En pleine crise, Sébastien Lecornu présente le dossier calédonien comme une des « deux urgences » à régler, avec le budget. Une « instrumentalisation » qui inquiète les indépendantistes, déjà échaudés par les méthodes de l’ex-ministre des outre-mer.
Dossiers toujours en souffrance plus d’un an après la mort de leurs proches, questionnements sur le statut des auteurs de tirs visant des Kanak, peines à géométrie variable... En Nouvelle-Calédonie, les familles de victimes des forces de l’ordre désespèrent d’obtenir des réponses.
Le Conseil constitutionnel a examiné une question prioritaire de constitutionnalité sur le sujet qui avait embrasé l’archipel le 13 mai 2024. Pour lui, le gel du corps électoral est effectivement une dérogation aux principes d’égalité et d’universalité du suffrage. Mais il n’en demeure pas moins conforme au texte fondamental.
Le président du parti indépendantiste kanak, libéré après un an de détention en juin, a dialogué avec le député Bastien Lachaud lors de la rentrée de La France insoumise. Le leader kanak alerte sur les conséquences d’un possible nouveau passage en force.
Le projet d’accord signé en juillet a été enterré par les indépendantistes du FLNKS, qui critiquent sa « logique de recolonisation ». Manuel Valls, qui se rend en Nouvelle-Calédonie le 18 août, maintient son intention de mettre en œuvre ce texte et de conserver son calendrier.
La décision du principal mouvement indépendantiste était attendue. En cause : le fait que l’accord ne prévoie pas de nouveau référendum sur l’indépendance.
Le projet signé mi-juillet devrait être enterré par le FLNKS le 9 août, à l’occasion d’un congrès extraordinaire. Suscitant une forte opposition parmi les indépendantistes, il questionne bien au-delà de leurs rangs. Beaucoup redoutent une stratégie de division dangereuse.
Une semaine après la conclusion du projet d’accord, le FLNKS vacille : le Palika assume sa signature, mais la colère gronde parmi les autres composantes du mouvement indépendantiste. Au sein de l’Union calédonienne, qui ne soutient pas le projet, l’idée d’un conseil de discipline a même été évoquée pour les signataires.