Devant le Congrès, Trump soigne ses mots

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Ton mesuré, discours écrit, réécrit et répété, main tendue aux démocrates... pour son allocution devant le Congrès américain, Donald Trump a pour la première fois donné un étrange sentiment de normalité. Mais sur le fond, les préceptes fondamentaux de sa politique restent inchangés.

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New York (États-Unis), de notre correspondant.– Oui, il présentait mieux. L’allure digne à la tribune du Capitole, le costume sombre mieux ajusté, assagi encore par une cravate bleue à rayures en vogue dans les business schools, tranchaient avec son attirail et ses pitreries de campagne. Le ton égal, mesuré à l'extrême par l’usage inhabituel d’un téléprompteur, conférait pour la première fois en deux ans de discours – et un mois de fonction effective – un look de chef d’État standard à Donald Trump. Certes, les attentes ne pouvaient être que minimales pour un public exposé depuis le 20 janvier à ses éructations de caudillo, à ses tweets rageurs et à ses attaques quotidiennes contre les « menteurs de la presse ». Aussi, l’apparition du “nouveau Donald Trump”, affairé à son allocution devant les deux chambres du Congrès réunies en séance plénière, préalable à ses prochains discours sur l'état de l’Union, ne pouvait que provoquer la confusion, et même inspirer pour la première fois un étrange sentiment de normalité.