En Turquie, plus aucune dissidence n’est tolérée

Par

Trois jours ont suffi pour donner aux Turcs le sentiment d’entrer dans une nouvelle phase de leur histoire. Mise au pas des universités, arrestation des dirigeants du quotidien Cumhuriyet, les autorités d’Ankara ont confirmé que les voix dissidentes ne seraient plus tolérées.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Istanbul (Turquie), de notre correspondant.-  Turquie, année zéro est le titre d’un opuscule publié en février par les Éditions du Cerf. Son auteur, Kadri Gürsel, un journaliste turc réputé, membre du directoire de l’International Press Institute, y explique comment la Turquie qu’il connaissait, inspirée par des principes tels que « le progrès, la science, la raison, l’égalité des sexes, la laïcité », bref le pays dessiné par le fondateur de la République turque, Mustafa Kemal Atatürk, n’existait plus et ne reviendrait pas. Comment elle a été transformée par un régime du président Recep Tayyip Erdogan décidé à « domestiquer la laïcité et les libertés » et à « dominer [le] Proche-Orient ».