Vues d'Ukraine (1/5) : Quand le «jean» décide de la ligne des journaux et télévisions

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VUES D'UKRAINE -1. Toute cette semaine, nous publions une série d’articles et de reportages rédigés à la mi-mai par douze étudiants en journalisme de l’université de Zaporojié, encadrés par Pierre Puchot de Mediapart. Zaporojié, 800.000 habitants, au sud-est du pays, est la cinquième ville d'Ukraine, une ville industrielle majoritairement russophone. Premier volet, une enquête sur la difficulté des médias ukrainiens à s'affranchir des pouvoirs, ou comment la corruption et la pratique du «jean» décident du contenu des articles.

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Rappel des faits: l’assassinat en 2000 du journaliste Guéorgui Gongadze a été l'un des principaux éléments déclencheurs des transformations politiques en Ukraine depuis huit ans. Enlevé le 16 septembre 2000 à Kiev, son corps décapité avait été retrouvé dans un bois deux mois plus tard. De forts soupçons pesaient sur les services du chef de l'Etat alors en place, Léonid Koutchma. Depuis, la « Révolution orange » de 2004 est passée par là. Les médias ne sont plus soumis aux consignes directes du président, ni à la censure de l’Etat. Mais ces pratiques ont été remplacées par une autre, le «jean», publi-reportage masqué et commandité par un homme politique ou un chef d’entreprise. Une habitude qui gangrène profondément un espace médiatique ukrainien dont l’indépendance est loin d‘être assurée.