Plongée dans l'ordinaire des combattants rebelles syriens

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Un sociologue français, Romain Huët, mène depuis deux ans une enquête de terrain sur les brigades qui combattent le régime de Bachar al-Assad. Ils ne font pas partie de l'État islamique ni du Front Al-Nosra mais constituent des petits groupes. Romain Huët nous raconte leur quotidien mais aussi les processus qui ont transformé les révolutionnaires en guerriers.

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C’est un travail sociologique peu banal auquel se livre Romain Huët, maître de conférences en sciences de la communication à l’Université de Rennes 2. Son objet de travail est la souffrance sociale et, plus précisément, « comment se construit un espace moral dans l’intolérable ? ». Partant de là, il s’est demandé comment la souffrance pouvait engendrer la contestation. En 2011, lors des « révolutions arabes », il s’est dit qu’il y avait certainement une occasion d’observer de près et in vivo ce type de processus qui est souvent reconstruit après coup. Cette approche l’a entraîné dans un camp de réfugiés syriens en Turquie et puis finalement en Syrie même.