Naomi Klein : «Pour enquêter mon nom est parfois un handicap»

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Comment enquête-on sur le "capitalisme du désastre"? Quel accès et quel traitement des sources gouvernementales lorsqu'on est l'auteure d'un best seller mondial de l'altermondalisme? Entretien avec Naomi Klein sur ses méthodes de travail.
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Quatre ans de travail pour couvrir trente ans d'histoire, des séjours en Irak, des reportages au Sri Lanka, en Afrique du sud, en Argentine... quelles ont été les principales difficultés de cette enquête?

 

Naomi Klein : C'est une énorme question ! Avant d'écrire ce livre, il y a eu beaucoup de recherches. Un type de travail journalistique traditionnel, ce fut par exemple d'aller au Sri Lanka après le tsunami et tenter de découvrir quels étaient les plans de reconstruction du gouvernement. Ce n'était d'ailleurs pas si facile de trouver cette info. Dans ce type de contexte, mon nom est parfois un handicap. En revanche, ma notoriété m'aide auprès des ONG qui font un travail critique et sont sur le terrain avec les populations déplacées. Les gens que je contactais connaissaient mon travail. Ils savaient d'où je venais, m'ont fait confiance et m'ont aidé à entrer en contact avec les réseaux militants. Pour enquêter au Sri Lanka sur ce que j'appelle le «capitalisme du désastre», j'ai reçu l'aide de militants qui font un travail remarquable.


Par contre, pour avoir accès aux responsables de la Banque Mondiale, ou de l'US AID (agence gouvernementale d'aide économique et humanitaire), mon nom est clairement un handicap. A Washington, quand il s'est agi d'avoir accès à des sources officielles, des responsables ministériels, c'est mon mari Avi Lewis -qui travaillait alors pour la télévision canadienne- qui a pris les rendez-vous. Nous filmions les enquêtes dans le but de sortir une vidéo pour accompagner le livre. C'est en son nom que nous prenions contact avec eux, mais c'est moi qui faisais les interviews. C'est un peu tordu, mais j'avais besoin de ces informations pour mon livre. C'est une manière d'enquêter.

 

Extrait audio du récit de Naomi Klein :

 

 

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