Un an après la crise des «subprime», il faut réglementer la finance mondiale

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La crise financière américaine puis mondiale a un an. Sans que les leçons aient été tirées de ce gigantesque effrondrement, qui pourrait coûter, selon le FMI, 1000 milliards de dollars. Où en sommes-nous d'un encadrement plus strict du système financier ? Les discussions sont confisquées par une poignée d'institutions internationales. Pourtant, c'est un débat politique crucial. Mediapart a décidé de revenir sur la pétition lancée par une cinquantaine d'économistes européens, «Stop finance», et décortique une à une, vidéos à l'appui, leurs propositions pour le moins radicales. Lire aussi notre entretien exclusif avec un conseiller en économie de Barack Obama, et notre chronologie détaillée, en PDF, des 12 mois de la crise.

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Un an après les premières secousses de la crise financière aux Etats-Unis, le refrain est désormais bien rodé : il est nécessaire de mieux encadrer la finance mondiale. Tout le monde est d'accord pour tirer les leçons des excès passés. Mais comme à chaque crise économique majeure, le débat sur les manières concrètes de réglementer la finance reste très confidentiel, confisqué par une poignée d'institutions mondiales chargées du dossier, dont la Banque des règlements internationaux (BRI) et le Fonds monétaire international (FMI). Mediapart a déjà commencé à rendre compte de ces enjeux ici et .

 

Déroulons une autre piste : la crise du «subprime», qui continue d'affoler les marchés par son gigantisme, ouvrirait une formidable fenêtre d'opportunité pour initier un débat public sur l'organisation du secteur financier. Cette déflagration inouïe (la crise coûterait 1000 milliards de dollars à l'économie, selon le FMI) servirait de prétexte idéal pour que chacun, sans a priori, s'approprie ce domaine souvent jugé trop aride ou ardu : la finance. Exactement comme l'on débat, à d'autres moments, des retraites ou de la Sécu.

 

Mediapart revient ainsi sur une pétition baptisée «Stop finance», lancée fin mars par une cinquantaine d'économistes européens, d'André Orléan à Susan George passant par Jean Gadrey ou Frédéric Lordon. Ce dernier, chercheur au CNRS, a publié dans la foulée une dizaine de propositions concrètes et radicales «pour en finir avec les crises financières». L'ensemble a été officialisé dans le cadre d'un colloque fin juin, à la Sorbonne. Nous décortiquons dans les pages qui suivent, cinq des propositions avancées par Lordon. Pour les mettre en circulation et les examiner, à la lumière de la crise en cours.

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Raconter le feuilleton de la crise du «subprime» n'est pas la plus simple des ambitions de Mediapart. Le sujet devient très vite technique - on risque de perdre les lecteurs (et le journaliste) en route. Mais il est aussi éminemment politique, y compris dans ses subtilités techniques - il faut donc réussir à intéresser les lecteurs à tout prix.

De quoi s'agit-il ? D'un continent tout entier, la finance mondiale, qui brasse des sommes astronomiques au quotidien, et que la société civile a complètement déserté. Trop compliqué pour le profane. Ainsi, on entend peu, voire pas du tout, les partis politiques français se positionner sur ces enjeux pourtant essentiels de la réglementation du secteur financier.