De Vintimille à Calais, Cazeneuve en garde-frontière zélé de l'Europe

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En échange de la « sécurisation » du port de Calais et du tunnel sous la Manche, la France accepte de surveiller les frontières de la Grande-Bretagne à sa place. Entre Vintimille et Menton, les policiers multiplient les contrôles au faciès pour décourager les passages de réfugiés débarqués en Europe viala Méditerranée. Des Alpes-Maritimes au Calaisis, Bernard Cazeneuve assume ce nouveau rôle de garde-barrière, quitte à enfreindre quelques principes juridiques européens. 

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À l’intérieur de l’Union européenne, les frontières sont supposées avoir disparu en vertu des accords de Schengen de 1985 créant un espace de libre circulation. La crise migratoire actuelle les fait ressurgir. Pas pour tout le monde : pour les migrants uniquement. Débarqués en Grèce ou en Italie, les dizaines de milliers d'exilés venus de la Corne de l’Afrique, d'Afrique de l'Ouest et du Moyen-Orient les percutent sur leur passage. À Vintimille et à Calais, notamment, ils en subissent directement les effets : des camps se forment dans l’attente d’une éventuelle brèche. Les décès se multiplient : au moins onze personnes ont perdu la vie en essayant de traverser la Manche depuis le 1er juin.