Evasion fiscale : le parlement européen ménage Juncker

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Le parlement de Strasbourg s'est refusé jeudi à lancer une commission d'enquête sur les pratiques fiscales de certains États au service de grandes entreprises étrangères, dans la foulée des « LuxLeaks ». Mais de son côté, la commission européenne donne des gages, et se montre plus agressive sur ce dossier emblématique, en visant la Belgique.

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Jean-Claude Juncker peut respirer. Il n'y aura pas de commission d'enquête lancée au parlement de Strasbourg en réponse aux « LuxLeaks », ces révélations sur l'ampleur de l'optimisation fiscale pratiquée par le Luxembourg au bénéfice de multinationales, du temps où l'actuel patron de la commission dirigeait le Grand-Duché. Une majorité des présidents des groupes politiques du parlement ont pris la décision, à l'issue d'une réunion jeudi, de soumettre au vote des eurodéputés la création d'une simple « commission spéciale » dont les pouvoirs d'enquête seront limités.

« (Ils) ont décidé de bloquer la proposition pour des raisons strictement politiques », a réagi Philippe Lamberts, le patron du groupe des Verts au parlement. « Les masques sont tombés. Martin Schulz (le président du parlement, ndlr) et les présidents de groupe ont multiplié les manœuvres pour empêcher la commission d'enquête d'aboutir », renchérit l'eurodéputée écolo Eva Joly. Les Verts bataillaient depuis la fin d'année dernière, avec le soutien de la GUE (gauche unitaire, dont le Front de gauche) pour la création d'une commission d'enquête. Fin janvier, ils étaient parvenus à trouver le soutien du quart des élus du parlement, un seuil nécessaire pour valider la création de cette commission d'enquête (voir sous l'onglet Prolonger le détail des signataires).