Dès dimanche soir, les réactions au vote grec

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Le « non » l'a très largement emporté dimanche, recueillant plus de 60 % des suffrages. Le premier ministre grec Alexis Tsipras se dit prêt à retourner à la table des négociations. Un sommet extraordinaire de la zone euro va se tenir mardi.

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Parmi les informations à retenir : le « non » l'emporte très largement, avec plus de 61 % des suffrages ; le premier ministre grec se dit prêt à retourner sans tarder à la table des négociations et mettant la question de la dette au menu ; Hollande et Merkel demandent et obtiennent un sommet extraordinaire de la zone euro dès mardi ; le leader de l'opposition de droite à Syriza, Antonis Samaras, a démissionné ; l'euro était en baisse dimanche soir en Asie lors des premiers échanges.

Après 22 heures

Point sur les résultats. Sur 95,28 % des bulletins dépouillés, le « non » est à présent à 61,32 %, contre 38,68 % pour le « oui » (avec 62,49 % de participation). Contrairement aux législatives de janvier dernier, où le nord macédonien et le sud du Péloponnèse avaient résisté à la vague Syriza, ce sont toutes les provinces du pays hellène qui ont voté « non ». Le résultat en faveur du non reste massif et homogène sur tout le territoire grec. Notamment dans les grandes villes : 63,8/36,2 à Athènes ; 59,5/40,5 à Thessalonique ; 61,8/38,2 à Larissa. En Crète, le non fait une percée (70,8/29,2 à Héraklion). Dans le Péloponnèse, même si le résultat est plus resserré au sud, le non est aussi largement en tête dans le nord : 68/32 à Patras, 61,8/38,2 à Corinthe. Dans les îles enfin, le score est également sans appel : 64,9/35,1 à Rhodes ; 62,4/37,6 dans les îles Cyclades ; 61,4/38,6 à Lesbos ; 71,2/28,8 à Corfou.

Carte des dernières législatives, en janvier 2015 (en rose, Syriza en tête - en bleu, les conservateurs de Nouvelle Démocratie en tête)

Carte des résultats du référendum du 5 juillet 2015 (le « non » en tête partout)

Le premier ministre grec Alexis Tsipras salue la nette victoire du « non » et déclare que son gouvernement est prêt à retourner sans attendre à des négociations pour permettre une réouverture des banques grecques, qui sont restées fermées cette semaine. Écartant l'idée que le référendum était de fait un vote sur le maintien ou non de la Grèce dans la zone euro, Alexis Tsipras estime que les Grecs lui ont donné un mandat pour trouver une solution viable avec l'UE et non pas pour aller à l'affrontement avec l'Europe. « Étant donné les circonstances difficiles à l'heure actuelle, vous avez fait un choix très courageux », a-t-il dit dans une allocution télévisée. « J'ai tout à fait conscience que le mandat que vous m'avez confié n'est pas celui d'une rupture avec l'Europe, mais un mandat pour renforcer notre position aux négociations afin de rechercher une solution viable. » Alexis Tsipras a déclaré qu'il allait demander au chef de l'État grec de convoquer une réunion des dirigeants des partis politiques pour les tenir informés de la situation.

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Le président du Conseil européen Donald Tusk convoque un sommet de la zone euro pour mardi soir, conformément à la demande de Paris et Berlin (voir plus bas). « J'ai convoqué un sommet de la zone euro pour mardi soir à 18 h 00 (16 h 00 GMT), afin de discuter de la situation après le référendum en Grèce », a-t-il déclaré sur Twitter.

La réaction du ministère des affaires étrangères allemand sur Twitter : « Le ministre #Steinmeier : Nous devons acceptons le résultat du #Grefenderum. Maintenant c'est principalement à la #Greece d'en tirer les conséquences. La balle est dans le camp d'Athènes ».

© GermanForeignOffice

Le prix Nobel d'économie américain Paul Krugman, observateur attentif des soubresauts européens autour des dettes souveraines, salue le résultat du vote dans le New York Times. Plutôt marqué à gauche, l'économiste convient qu'il n'est pas certain que Syriza sache exactement ce qu'il va faire dans les négociations qui s'ouvrent, mais se félicite que les gouvernants européens n'aient pas réussi à effrayer les électeurs grecs.

Le leader du parti conservateur Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, annonce sa démission après la victoire du « non ».

Coup sur coup, un porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel et une source à l’Élysée font savoir que les deux chefs d’État se sont entretenus au téléphone dans la soirée et ont décidé d’appeler à une réunion extraordinaire de la zone euro mardi.

La secrétaire nationale d’EELV Emmanuelle Cosse salue dans un communiqué « le résultat de ce rendez-vous démocratique et s’associe au peuple grec pour demander la réorientation des politiques européennes vers plus de démocratie et de solidarité ». Pour la dirigeante écolo, « les dirigeants européens doivent entendre cet appel et rouvrir les négociations pour soutenir les réformes fiscales proposées par Alexis Tsipras, garantir les salaires et les retraites et restructurer la dette ». Pour Cosse, « le peuple grec dessine pour l’Europe la possibilité d’une autre politique, plus juste et solidaire, qui passe par la mise en place d’une fiscalité juste et harmonisée, la lutte contre l’évasion fiscale à l’échelle européenne et la restructuration des dettes ».

À l'appel du Parti de gauche, un rassemblement en solidarité avec le peuple grec a lieu à Paris, place de la République. Environ 2 000 personnes étaient présentes vers 22 heures, en présence de Jean-Luc Mélenchon, Martine Billard, Clémentine Autain, notamment. Une photo sur place :

 © JC © JC

Le récit de notre journaliste sur place : Des dizaines de drapeaux grecs flottent sur la place de la République. À l'appel du Parti de gauche (PG), un bon millier de militants est venu célébrer la victoire du non au référendum en Grèce. « C'est un jour historique, celui où le peuple a enfin trouvé le courage de dire non à l'austérité », sourit Cécile, 26 ans, membre active du mouvement Gauche révolutionnaire. La suite des événements est dans toutes les têtes ce soir, malgré l'ambiance festive, les rires, les danses et les sourires affichés des militants de gauche. « Je crains que les lendemains ne soient difficiles », s’inquiète Françoise, une Parisienne quinquagénaire, sympathisante du Front de gauche. Non loin d’elle, comme beaucoup de participants à ce rassemblement, Élie, jeune militant PCF fête une victoire d’un non à l’Union européenne « comme en 2005 ». Pour lui, le résultat de ce référendum est la preuve que « la lutte sert à quelque chose ! ».

 © Julien Sartre © Julien Sartre

Entre 20 heures et 22 heures

La délégation française du groupe S&D (sociaux-démocrates) au parlement européen (réputée – un peu – plus à gauche que ses homologues socialistes du reste du continent) affirme sa volonté de continuer à « plaider pour un retour rapide à la table des négociations » et à s’opposer « à ceux qui veulent humilier la Grèce en cherchant à l’exclure de la zone euro ». « Mais ces négociations ne peuvent reprendre comme si rien ne s’était passé, estiment les eurodéputés PS français. À l’urgence des créanciers vis-à-vis de leur débiteur doit répondre l’urgence politique : il faut mettre fin aux réunions de l’Eurogroupe de la "dernière chance" qui tiennent plus de la réunion de marchands de tapis que de bâtisseurs de solution. Cette méthode aura été un piège mutuel pour la Grèce et l’Union européenne. » Selon eux, « il faut changer d’échelle et empêcher les opinions publiques européennes de se dresser les unes contre les autres. Pour faire face à l’urgence, il faut donner des raisons d’espérer aux Grecs : les sacrifices qu’ils ont consentis doivent avoir une fin, et cette fin passe notamment par une renégociation de la dette et des investissements massifs ». Et de conclure : « Il faut aussi aider le gouvernement Tsipras à reconstruire un État, à commencer par une administration fiscale. »

La réaction d’Elio di Rupo, ancien premier ministre belge, président du PS :

© Elio Di Rupo

 La réaction de Guy Verhofstadt, député européen, président du groupe parlementaire Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ALDE) :

© Guy Verhofstadt

En Allemagne, Sigmar Gabriel, le ministre de l'économie, a déclaré que de nouvelles négociations avec la Grèce étaient « difficilement imaginables » après ce non. Pour lui, Tsipras « a coupé les derniers ponts » entre la Grèce et l'Europe.

Point résultats à 21 h 30. Sur 62,02 % des bulletins dépouillés, le « non » est à présent à 61,33 %, contre 38,67 % pour le « oui ». Le résultat en faveur du non reste massif et homogène dans tout le pays. Notamment dans les grandes villes : 66,5/33,5 à Athènes, 60/40 à Thessalonique, 61,5/38,5 à Larissa. En Crète, le non fait une percée (70/30 à Héraklion). Dans le Péloponnèse, même si le résultat est plus resserré au sud, le non est aussi largement en tête dans le nord : 67/33 à Patras, 61/39 à Corinthe. Dans les îles enfin, le score est également sans appel : 65/35 à Rhodes, 61,5/38,5 dans les îles Cyclades, , 60/40 à Lesbos, 71,5/28,5 à Corfou.

L'euro est en forte baisse dans les premiers échanges en Asie. Il chute de 1,1% contre la devise américaine à 1,0987 dollar et de 2,52% contre la devise japonaise à 133,89 yen.

Il aura fallu attendre 21 h 24 pour recevoir la réaction officielle du premier secrétaire du parti socialiste français. Dans un communiqué, Jean-Christophe Cambadélis, « ce soir, le peuple grec s’est exprimé en renouvelant son message d’opposition à l’austérité, comme il l’avait déjà dit lors du précédent scrutin ». Pour « Camba le Grec » (le pays de ses origines), le peuple hellène « souhaite un accord qui lui donne une chance de repartir, d’ouvrir les chemins d’une croissance durable et fiable, et de sortir de la spirale de la dette ». Et « le vote majoritaire “non” n’est pas un “non” à l’Europe mais à l’austérité qui a réduit le PIB de la Grèce et jeté de nombreux citoyens dans la précarité ». Mais que souhaite in fine le PS ? « Que des négociations s’ouvrent immédiatement, permettant à la Grèce d’honorer ses engagements immédiats ». Mais aussi de « construire un plan global de soutien à la Grèce, fondé sur un compromis viable et durable et donnant à ce pays le temps et les moyens de se reconstruire ». « Dans cette perspective, le traitement de la dette est indispensable à un accord d’espoir », conclut-il.

L’Allemand Michael Fuchs, vice-président du groupe conservateur CDU-CSU au Bundestag, estime que le premier ministre grec Alexis Tsipras a provoqué un « désastre ». « Je regrette beaucoup le résultat », a dit Fuchs à Reuters lors d'un entretien téléphonique avec Reuters. « Tspiras a provoqué un désastre, il doit maintenant ramasser les morceaux », a-t-il poursuivi. Il a aussi dit qu'il ne voyait aucune chance pour une solution sur la Grèce dans les 48 prochaines heures.

À droite, en France, l’ambiance est morose. Pour le député centriste Philippe Vigier, « la victoire du non en Grèce conduit l'Europe vers une crise grave. Elle est victime de son inertie politique et des populismes nationaux ». L’une des dirigeantes sarkozystes de LR, Valérie Debord, se questionne sur Twitter : « On pourrait demander aux Français par référendum s'il acceptent de laisser chacun 1128€ à la Grèce ... Soyons sérieux ». Quant au député et maire de Nice Christian Estrosi, il donne dans sa légèreté coutumière, demandant à François Hollande de « ne pas se coucher devant Tsipras et ses alliés français que sont Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Les Français ne peuvent plus continuer à payer les dettes d’un pays qui ne se réforme pas ! » 

Quant à la numéro 2 de « Les Républicains », Nathalie Kosciusko-Morizet, elle le dit dans un communiqué « avec fermeté » : « La France ne doit conclure aucun accord qui ne soit accompagné de contreparties. François Hollande n’a pas de mandat pour imposer aux Français une nouvelle pression fiscale, étalée sur des décennies pour satisfaire aux caprices de Monsieur Tsipras. » Elle demande aussi « que toute nouvelle concession soit soumise à l’approbation du parlement ».

La télévision grecque rapporte qu’Alexis Tsipras, le premier ministre grec, s’est entretenu par téléphone avec plusieurs responsables européens, dont François Hollande, le président français. Mario Draghi, le président de la BCE, aurait également été contacté.

Le chef de la diplomatie italienne, Paolo Gentiloni, estime qu’il convient désormais de relancer les efforts pour conclure un accord avec la Grèce. « Maintenant il convient de commencer à tenter à nouveau de trouver un accord. Mais on ne sortira pas du labyrinthe grec avec une Europe faible, qui ne retrouve pas la croissance », a-t-il dit sur Twitter.

Le président de l’assemblée nationale Claude Bartolone, qui n’a jamais caché jusqu’ici ses critiques sur l’orthodoxie budgétaire d’Angela Merkel et des institutions européennes, estime que « la sortie de la Grèce de la zone euro ne peut être considérée comme une option ». Il appelle à ce que « dès demain » les négociations reprennent « entre Athènes et les institutions créancières ». « Les efforts réclamés à l’économie grecque par l’intermédiaire de réformes fiscales et sociales demandées par la Troïka en échange de la poursuite du programme d’aides, doivent être amendés », appuie-t-il, en sinterrogeant sur le « fonctionnement inquiétant de l’Union européenne » et la « fébrilité de ses institutions et de son esprit public »

L’eurodéputée EELV Eva Joly salue la victoire du non. « Dans la dignité, et bravant les pressions proférées toute la semaine par les partisans de l'orthodoxie budgétaire, le peuple grec a dit non à l'austérité et au dogmatisme, pas à l’Europe. » Elle appelle à une reprise des négociations : « Dès maintenant, les dirigeants européens doivent appeler le Conseil des gouverneurs de la BCE, qui se réunira demain, à relever le plafond du programme d'aide à la liquidité d'urgence. Toute autre décision de la BCE reviendrait à entraîner délibérément la Grèce dans le chaos bancaire. » Et l’ancienne candidate écolo en 2012 et magistrate anti-corruption d’appeler François Hollande à « démontrer sa détermination à maintenir la cohésion de la zone euro. Il doit appeler à l'organisation d'une conférence européenne sur les dettes grecques, mais également portugaises, espagnoles ou encore irlandaises ».

La réaction de Pablo Iglesias, le leader de Podemos, parti espagnol héritier du mouvement des indignés : « Aujourd'hui en Grèce, la démocratie l'a emporté » :

© Pablo Iglesias

La victoire du "non" conforte la position d'Athènes dans les négociations, affirme le ministre grec du travail, Panos Skourletis. « Le gouvernement a maintenant un outil de négociation solide pour parvenir à un accord qui nous ouvrira une nouvelle voie », a-t-il dit à la presse. De son côté, George Katrougalos, ministre grec de la réforme administrative, a estimé sur la chaîne iTELE que « quand le peuple parle, tout le monde doit écouter ». « J'espère que la négociation pourra recommencer lundi et qu'on aura une solution viable pour la Grèce et pour l'Europe », a dit le ministre.

La réaction de l'ancien ministre PS Arnaud Montebourg :

© Arnaud Montebourg

Le "non" creuse l'écart. Sur 46,84 % des bulletins dépouillés, le « non » est à présent à 61,13 %, contre 38,87 % pour le « oui ».

La réaction de Bernard-Henri Lévy sur Twitter :

© Bernard-Henri Lévy

Le député Pouria Amirshahi, l’un des chefs de file des anciens frondeurs, évoque dans un communiqué « un vent nouveau » qui « souffle sur l’Europe ». Il estime que le résultat du référendum grec doit « renégocier avec respect » : « Il faut prendre le résultat de ce référendum salutaire pour ce qu’il est afin de ne pas réitérer le mépris qu’ont subi Français et Néerlandais en 2005. » Il se prononce aussi pour un « allègement » et un « rééchelonnement de la dette grecque », et pour que la France se saisisse du « moment » pour abandonner sa « stratégie de médiatrice ». « Il est temps désormais que le Président de la République choisisse un chemin : celui attendu par les Français qui lui avaient confié le mandat en 2012, conclut Amirshahi. Le résultat du référendum est en effet l’occasion politique et historique de promouvoir avec résolution un autre cours européen, progressiste, moderne, fondé sur la communauté de citoyens et les peuples et non sur la technocratie ordo libérale ».

En duplex depuis Athènes sur Itélé, le député PS Pascal Cherki – qui a pris la parole lors du dernier meeting de Syriza – estime que la victoire du non est « un résultat qui va redonner un rapport de force favorable à Alexis Tsipras pour renégocier la dette grecque ». Selon lui, « l’idée qu’on ne peut rien changer en Europe est battue en brèche. Désormais, c’est la question de la politique menée en Europe et de son alternative qui est posée. Il y a un gagnant ce soir :  les Européens. Et une perdante : Mme Merkel et ses assistants Jean-Claude Juncker et Christine Lagarde ». Il en appelle à François Hollande, qui a « une grande responsabilité sur ses épaules (...) » : « Il doit reprendre l’initiative et poser le seul débat qui compte : la résolution de la dette grecque. »

À 20 h (21 h en Grèce), la place du Parlement commence à se remplir, les partisans du non se retrouvent pour fêter le net succès qui se dessine…

© Olivier Drot

Pour l’instant, sur 25 % des bulletins dépouillés, le résultat en faveur du non est massif et homogène sur tout le territoire. Notamment dans les grandes villes : 68/32 à Athènes et à Héraklion, 60/40 à Salonique et à Larissa. Dans le Péloponnèse, même si le résultat est plus resserré au sud, le non est aussi largement en tête dans le Nord : 66/34 à Patras, 60/40 à Corinthe. Dans les îles enfin, le score est également sans appel : 65/35 à Rhodes, 62/38 dans les îles Cyclades, 70/30 à Corfou, 60,5/39,5 à Lesbos.

Dans un communiqué, le secrétaire national du PCF Pierre Laurent, rappelle que « c'est la deuxième fois en 6 mois que le [pays] rejette l'austérité. La deuxième fois qu'il dit en même temps son attachement à l’Europe ». Celui qui est aussi président du Parti de la gauche européenne (PGE) estime que « les chantages financiers et mesquineries politiques n'auront pas eu raison du souffle de dignité et de liberté qui a envahi le berceau de la démocratie ». Après avoir salué « le courage des Grecs, de Syriza et du gouvernement Tsipras », il se dit « heureux et fier d'avoir tant lutté avec eux, pour que renaisse un espoir ». Enfin, Pierre Laurent, met « en garde contre toute nouvelle entreprise de pression politique et financière sur le peuple grec ». À ses yeux, « le respect des choix souverains des peuples doit être la règle à l'avenir, et le point de départ des futures négociations. La France devra en tirer les conséquences. J'attends de notre gouvernement un respect total du résultat de ce référendum et des actes forts pour la recherche immédiate d'un accord ».

Le député socialiste Yann Galut (proche de Karine Berger) a choisi son camp dans le débat interne au PS (lire notre article). Ce dimanche soir, il twitte ainsi :

© Yann Galut ن

Entre 18 heures et 20 heures

Le ministère de l'intérieur diffuse les premiers résultats officiels. Sur la base de 10 % des bulletins dépouillés, le « non » est en tête avec 59,8 %, le « oui » est à 40,1 %.

Un porte-parole du gouvernement grec annonce que la Banque centrale grecque va demander à la BCE de relever le plafond de liquidités d'urgence pour les banques grecques. « La Banque de Grèce va formuler une demande aujourd'hui et nous pensons qu'il y a des raisons valables d'augmenter les liquidités ELA (...) Il n'y pas de raison de ne pas augmenter les liquidités », déclare Gabriel Sakellaridis sur la chaîne de télévision ANT1.

Le ministre grec de l'économie, Yanis Varoufakis, s'exprime sur Twitter :

© Yanis Varoufakis

 Une première réaction de Jean-Luc Mélenchon :

© Jean-Luc Mélenchon

 Un très court communiqué de l'Élysée : « La Chancelière allemande Angela Merkel et le Président de la République François Hollande auront, lundi 6 juillet au soir à l’Élysée, un entretien suivi d’un dîner de travail pour évaluer les conséquences du référendum en Grèce. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la coopération permanente entre la France et l’Allemagne pour contribuer à une solution durable en Grèce. »

Selon plusieurs sondages, le « non » l'emporterait. Des sondages plus précis sont attendus d'ici une heure, qui devraient permettre d'avoir plus de certitude sur le résultat, sauf s'il est très serré.

Un tweet de notre envoyée spéciale à Athènes :

© Amélie Poinssot

 Avant 18 heures

Dans un communiqué envoyé peu avant 18 heures, le député Nicolas Dupont-Aignan a estimé que oui ou non, « il faudra trouver une solution de compromis : la seule possible, la sortie en douceur de la Grèce de la zone euro ». Selon le président souverainiste de Debout la France, « si les Grecs disent oui, l'UE va déverser encore plus d'argent sans résoudre le problème de fond, à savoir l'insoutenabilité de la dette compte tenu du manque de compétitivité du pays à cause de l'euro trop cher. De même, s'ils disent "non" et que les Allemands veulent les punir par une exclusion désordonnée de l'euro, les contribuables perdront tout l'argent que leurs gouvernements ont déjà engagé pour Athènes depuis 5 ans ».

Le président du Parlement européen Martin Schulz estime que la Grèce devra prendre une autre devise si le « non » l'emporte au référendum sur le plan « argent frais contre réformes » proposé par ses créanciers. « Est-ce que la Grèce est encore dans l'euro après ce référendum ? C'est certainement le cas, mais, si elle dit "non", elle devra introduire une autre monnaie après le référendum parce que l'euro ne sera pas disponible comme moyen de paiement », a déclaré Martin Schulz à la Deutschlandfunk, la radio allemande, lors d'une interview réalisée jeudi et diffusée dimanche.

« Au moment où quelqu'un introduit une nouvelle devise, il sort de la zone euro. Ce sont les éléments qui me donnent un certain espoir que les gens ne voteront pas "non" aujourd'hui », a ajouté le président du Parlement européen.

Le ministre français de l'économie, Emmanuel Macron, estime qu'il faudra trouver un compromis pour la Grèce quelle que soit l'issue du référendum et ne pas se réfugier derrière l'action de la Banque centrale européenne (BCE). « Même si le "non" grec devait l'emporter, notre responsabilité dès demain ce sera de ne pas faire le traité de Versailles de la zone euro », a jugé Emmanuel Macron. « La situation de la zone grecque, nous l'avons co-produite (...) Il faut être exigeant et trouver un compromis pour la Grèce sur la base des réformes, de la soutenabilité de la dette, d'évolution des finances dans le temps. Nous aussi, nous devons faire des efforts », a-t-il ajouté.

Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, a averti le gouvernement d'Angela Merkel qu'une sortie de la Grèce de la zone se traduirait par un trou de plusieurs milliards d'euros dans le budget de la République fédérale, rapporte le quotidien économique Handelsblatt en citant des sources gouvernementales. Jens Weidmann, précise l'article, a expliqué qu'un « Grexit » amputerait les bénéfices de la banque centrale nationale, dont une part importante est reversée au budget.

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