Mexique: les invisibles n’ont pas le luxe de se confiner

Par Marie Hibon

Dans un pays où plus de la moitié des travailleurs n’ont ni contrat, ni couverture sociale, l'épidémie de coronavirus agit comme un terrible révélateur, exacerbant les inégalités du pays.

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Mexico (Mexique), correspondance.– Catalina s’adosse à son petit chariot réfrigéré. Ce jeudi 26 mars, comme tous les jours, elle a revêtu son costume de vendeuse, bleu électrique, comme la glacière piquée d’un parasol qu’elle trimballe dans les rues de Pachuca, une petite ville à une heure au nord de la capitale Mexico. Elle est seule, debout sous un soleil de plomb en cette fin mars, sur la place Juarez désertée. « Les glaces, ce sont les enfants qui les achètent », soupire-t-elle. Les écoles de tout le pays ont fermé quatre jours plus tôt, la laissant sur le carreau.